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France: suicide spectaculaire d'une figure d'extrême droite à Notre-Dame

21/05/2013 12:35 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Une des figures de l'extrême droite française, l'écrivain Dominique Venner, 78 ans, s'est suicidé mardi avec une arme à feu devant l'autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris, provoquant l'évacuation sans incident d'une foule de touristes.

Dominique Venner, historien, essayiste et militant de la mouvance d'extrême droite radicale depuis plus de 50 ans, s'est donné la mort peu après 16h00 (14h00 GMT) à l'aide d'un pistolet.

Dans un post publié mardi sur son blog, il renouvelait son opposition à la "loi infâme" autorisant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, promulguée samedi en France à l'issue d'un débat parlementaire agité et de manifestations de rue massives.

Mais il jugeait aussi que qu'il ne fallait pas "se limiter au refus du mariage gay", et que le vrai "péril" était l'immigration d'origine extra-européenne, qu'il assimilait à un "grand remplacement de la population de la France et de l'Europe".

"Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines", écrivait-il.

Marine Le Pen, présidente du Front national (extrême droite), a aussitôt réagi sur son compte Twitter en exprimant son "respect" à Dominique Venner et en voyant dans son geste "éminemment politique" une tentative de "réveiller le peuple de France".

Mgr Patrick Jacquin, recteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, a précisé à l'AFP que Dominique Venner avait posé une lettre sur l'autel, dans le choeur, à l'attention des enquêteurs, avant son suicide. Une lettre qui, selon une source policière, est dans l'esprit de son ultime envoi sur son blog.

Un tel suicide dans ce haut lieu religieux et touristique est "sans précédent", selon l'évêché et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui s'est rendu sur place.

Un surveillant a procédé à un massage cardiaque en attendant l'arrivée des secours. Les enquêteurs ont trouvé sur Dominique Venner sa carte d'identité.

Vers 17h00 (15h00 GMT), la cathédrale restait fermée. Un périmètre de sécurité en demi-cercle avait été établi avec des barrières devant son entrée, où affluaient les touristes qui se renseignaient sur les raisons de cette fermeture inhabituelle.

Greg, un touriste américain venu de Phoenix dans l'Arizona, a expliqué à un journaliste de l'AFP que la cathédrale était pleine au moment du suicide, mais qu'il n'y avait pas eu de mouvement de panique lors de son évacuation par les gardes en civil.

Toutes les messes ont été annulées jusqu'à 20h00 (18h00 GMT), heure à laquelle était prévue une "veillée pour la vie". "On va prier pour cet homme comme pour tant d'autres qui sont à bout", a ajouté Mgr Jacquin. "C'est terrible, on pense à lui et à sa famille".

Pour l'éditeur de Dominique Venner, Pierre-Guillaume de Roux, ce geste à Notre-Dame revêtait "une puissance symbolique extrêmement forte qui le rapproche de (Yukio) Mishima", l'écrivain japonais qui s'était suicidé en s'ouvrant le ventre au sabre (seppuku) en 1970, après avoir échoué à soulever l'armée en faveur du Japon traditionnel et de l'empereur.

Engagé volontaire pendant la guerre d'Algérie, Dominique Venner a fait partie de l'Organisation armée secrète (OAS), structure clandestine qui visait à maintenir l'Algérie française.

Depuis le milieu des années 1950, il avait contribué à refonder l'extrême droite française, à travers plusieurs organisations. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire, politique et militaire, aux armes à feu et à la chasse.

Son dernier ouvrage, "Un samouraï d'Occident, le bréviaire des Insoumis", doit paraître en juin.

Dans La Nouvelle Revue d'Histoire n°64 de janvier-février 2013, qu'il dirigeait, Dominique Venner écrivait que "sous sa forme volontaire illustrée par les samouraï et les +vieux Romains+", la mort "peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu'une provocation à l'espérance".

Il s'agit du second suicide en cinq jours dans un lieu public au coeur de Paris. Le 16 mai, un homme d'une cinquantaine d'années s'était donné la mort dans le hall d'une école primaire, à l'aide d'un fusil à canon scié, devant une dizaine d'enfants.

bur-thm/plh

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