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Egypte: efforts "intenses" pour libérer des soldats et policiers enlevés

21/05/2013 01:14 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil a affirmé mardi que les autorités déployaient des "efforts intenses" en vue de libérer les sept membres des forces de l'ordre enlevés jeudi dans le Nord-Sinaï, où l'armée et la police ont engagé des opérations de ratissage.

"Une campagne est en cours" dans cette région depuis le milieu de l'après-midi pour tenter de localiser les otages et leurs ravisseurs, a indiqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Intérieur, en précisant toutefois qu'il ne s'agissait pas pour le moment d'une opération de libération.

Un policier présent dans la zone a indiqué que des échanges de tirs avaient eu lieu entre forces de l'ordre et habitants d'un village de la région.

L'état d'urgence a en outre été décrété dans les hôpitaux du nord de cette péninsule en proie à une instabilité croissante "pour faire face à toute urgence", selon l'agence officielle Mena.

"Des efforts intenses sont déployés à tous les niveaux pour le retour, sains et saufs, des soldats enlevés", a affirmé le Premier ministre, cité par l'agence.

Le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a pour sa part assuré que le lancement d'une opération de libération n'était pas encore décidé, dans l'attente d'une localisation précise des otages.

Il a ajouté qu'aucune négociation n'avait lieu avec les ravisseurs, qui possèdent selon lui des missiles de type Sam-7 et des roquettes antichars.

Des témoins ont de leur côté indiqué à l'AFP avoir vu un hélicoptère militaire survolant une colonne de véhicules blindés.

Les forces de la police et de l'armée "vont et viennent" mais il n'y a "pas d'arrestations, pas d'opérations" pour l'instant, a dit l'un d'eux, qui habite dans la ville de Cheikh Zouayyed.

La veille, le porte-parole de la présidence avait indiqué que "toutes les options sont envisageables" pour obtenir la libération des trois policiers et quatre soldats.

"La présidence n'a négocié avec aucun des criminels. Il y a beaucoup d'alternatives sur la table, le but est de libérer les kidnappés et de protéger leurs vies", avait affirmé le porte-parole.

Les sept conscrits ont été enlevés jeudi et sont apparus dans une vidéo, depuis retirée du site de partage YouTube, pour affirmer que leurs ravisseurs exigeaient la libération de "militants politiques" bédouins détenus.

Cette affaire met sous pression le président islamiste Mohamed Morsi, confronté à la nécessité de rétablir l'ordre dans cette région sensible où l'autorité du gouvernement, de l'armée et de la police apparaît une nouvelle fois mise à mal.

Des policiers égyptiens ferment depuis plusieurs jours des points de passage avec Israël et avec l'enclave palestinienne de Gaza en signe de solidarité avec leurs collègues enlevés.

La sécurité dans le Sinaï s'est fortement dégradée depuis le soulèvement qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak début 2011, avec une multiplication d'enlèvements et d'attaques.

En août 2012, des hommes armés soupçonnés d'être des jihadistes avaient attaqué un poste-frontière entre l'Egypte et Israël, tuant 16 gardes-frontière égyptiens avant de pénétrer avec un véhicule blindé sur le territoire israélien où ils avaient été neutralisés.

L'armée égyptienne s'était peu après massivement déployée dans le Sinaï pour tenter d'y restaurer l'ordre.

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