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Colombie: un rapport officiel prône la dépénalisation de la consommation de drogue

21/05/2013 01:02 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Un rapport officiel, remis mardi aux autorités de Colombie, prône la dépénalisation totale de la consommation de drogue et la prise en charge des consommateurs par le système de santé public, dans le premier pays producteur de cocaïne au monde.

Cette proposition a été présentée lors d'une conférence de presse à Bogota comme la première étape des travaux menés par la "Commission de conseil pour la politique sur les drogues en Colombie", un organisme créé cette année, afin d'alimenter la réflexion du gouvernement.

"Les politiques publiques face à la consommation de drogues ne doivent pas recourir à des sanctions pénales pour les consommateurs", indique la conclusion du rapport de cette commission, composée d'une dizaine d'experts.

"La criminalisation des consommateurs n'a non seulement pas montré de résultats en terme de santé publique, mais elle a, au contraire, eu des effets contre-productifs, en les marginalisant et en aggravant leurs problèmes", poursuit ce premier rapport, consacré exclusivement au thème de la consommation.

La Commission a insisté sur l'importance des "traitements préventifs", y compris l'administration de drogues sous contrôle médical, affirmant qu'une telle politique ne contrevient pas aux conventions internationales lutte contre le trafic de drogue.

Jusqu'à présent, la législation colombienne n'autorise, depuis 1994, que la possession d'une dose maximum de 20 grammes de marijuana et d'un gramme de cocaïne.

"Notre conclusion principale, c'est que le consommateur de drogue doit être traité comme une question de santé publique avec des outils de santé publique pour lutter contre la consommation, non des outils de politique pénale", a précisé à l'AFP Daniel Mejia, le président de la Commission, affirmant que le gouvernement avait montré une "grande ouverture" envers cette proposition.

Présente lors de la conférence de presse, la ministre colombienne de la Justice, Ruth Stella Correa, a indiqué que le rapport constituait un "apport essentiel" pour le gouvernement.

La réforme de la politique en matière de drogue est l'un des chevaux de bataille du président Juan Manuel Santos qui préconise une nouvelle orientation dans la lutte mondiale contre le narcotrafic, à l'instar de plusieurs homologues latino-américains.

Sur 46 millions d'habitants, la Colombie compte quelque 450.000 consommateurs de marihuana, 140.000 de cocaïne, 34.000 de "bazuko" (un dérivé bon marché de la cocaïne), 31.000 d'ecstasy et 3.000 d'héroïne, selon la dernière étude publiée par le gouvernement en 2008.

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