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Banque: victoire pour le PDG JPMorgan Chase, qui sauve sa double casquette

21/05/2013 04:57 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Le PDG de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a remporté une victoire mardi lors de l'assemblée générale de son groupe, où il a réussi à conserver son titre en dépit de demandes d'actionnaires pour séparer ses fonctions de président et de directeur général.

La proposition visant à scinder ces postes n'a reçu que 32,2% des suffrages des actionnaires réunis à Tampa en Floride (sud-est), moins que les 40% récoltés par une proposition similaire l'an dernier.

"Nous apprécions le soutien des actionnaires", "nous prenons le retour des actionnaires très au sérieux", a commenté M. Dimon dans un communiqué publié à l'issue de la réunion.

Lors de l'assemblée, qui a duré un peu moins de deux heures, de nombreux actionnaires ont critiqué la gestion par les dirigeants de la banque de l'affaire de la "baleine de Londres".

C'est le surnom d'un ex-trader de la banque, le français Bruno Iksil, dont les paris énormes et risqués dans les dérivés d'obligations d'Etats européens ont généré des pertes de 6 milliards de dollars l'an dernier pour la première banque américaine en termes d'actifs, qui a réussi malgré tout à dégager un bénéfice annuel record de 21 milliards de dollars.

Les actionnaires contestataires accusaient le conseil d'administration (CA) d'être assujetti à M. Dimon et de ne pas jouer son rôle de contre-pouvoir. Ils fustigeaient aussi les problèmes juridiques croissants de la banque, notamment avec les autorités américaines.

Le vote de mardi les désavoue et représente une victoire de taille pour M. Dimon, constate Erik Oja, analyste de S&P Capital IQ.

"Nous préférons quand les postes de président du CA et de directeur général sont séparés, c'est un gage de meilleure gouvernance, mais il y avait des informations non confirmées selon lesquelles M. Dimon aurait quitté JPMorgan Chase s'il avait perdu la fonction de président", souligne-t-il.

"On préfère le garder car on ne sait pas qui lui succèdera", ajoute-t-il, tout en reconnaissant que l'absence d'un plan de succession clair est aussi un problème de gouvernance.

Réagissant favorablement au résultat de l'AG, l'action de JPMorgan a pris 1,40% à 53,02 mardi.

Jamie Dimon "voit probablement le vote de l'AG comme une grande victoire, il avait l'air du chat qui vient de gober un canari", relate à l'AFP Lisa Lindsey, représentante du fonds de pension de fonctionnaires AFSCME, principal artisan de la proposition de scission des fonctions de M. Dimon.

L'AFSCME voulait notamment séparer ces fonctions pour éliminer "les conflits d'intérêts créés lorsque le directeur général est également son propre patron", a argumenté Mme Lindsey.

Elle juge le rejet de cette proposition "malheureux" même s'il est bon "pour les actionnaires qu'elle ait reçu autant d'attention", et compte "initier une discussion avec les administrateurs indépendants" afin d'obtenir des changements.

Le principal administrateur indépendant, l'ex-PDG d'ExxonMobil Lee Raymond, a de son côté défendu la structure du CA, assurant que ses membres n'étaient pas "parvenus à leur poste en faisant tapisserie".

Il a ironisé sur ceux qui mettent en doute sa capacité à tenir tête à Jamie Dimon: en 50 ans de carrière, "c'est la première fois qu'on m'accuse de ne pas être assez dur".

M. Raymond a voulu rassurer les actionnaires en promettant que le groupe faisait "attention à ce que nous avons entendu" et qu'il fallait "donner un peu de temps (au CA) pour digérer cette réunion et réfléchir à sa structure".

Les 11 administrateurs du groupe ont tous été reconduits, même si trois d'entre eux l'ont été de peu, ce qui pourrait compromettre leur avenir.

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