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Le président birman attendu à Washington

20/05/2013 05:12 EDT | Actualisé 19/07/2013 05:12 EDT

Une rencontre historique entre le président américain Barack Obama et son homologue birman, Thein Sein, aura lieu aujourd'hui à Washington.

Ce déplacement, encore inimaginable il y a quelques années, est destiné à afficher le soutien des États-Unis aux réformes démocratiques engagées dans cette dictature militaire du Sud-Est asiatique.

C'est la première fois qu'un dirigeant birman est reçu par la Maison-Blanche depuis la visite du général Ne Win en 1966, sous la présidence de Lyndon Johnson, quatre ans après le coup d'État qui a porté la junte militaire au pouvoir.

Barack Obama s'était rendu au Myanmar pour la première fois en novembre dernier. Il évoquera l'état des réformes, les tensions ethniques et le développement des échanges commerciaux entre les deux pays au cours de son entretien avec son homologue birman.

Un rapprochement contesté

La visite de Thein Sein en sol américain ne fait toutefois pas consensus. Des voix se sont élevées pour dénoncer cette invitation, qui risque de relâcher la pression sur le régime, alors que le bilan du Myanmar en matière de droits de l'homme est loin d'être satisfaisant.

Le président birman a surpris jusqu'aux plus cyniques depuis son accession au pouvoir, en 2011, en libérant des centaines de prisonniers politiques et en laissant entrer au Parlement Aung San Suu Kyi, figure de proue de l'opposition birmane.

S'exprimant dimanche dans les bureaux de la radio Voix de l'Amérique, Thein Sein a indiqué qu'il appellerait lundi à la levée de toutes les sanctions économiques décrétées contre son pays.

Vingt prisonniers politiques ont été libérés la semaine dernière, au Myanmar. Quelque 200 autres demeurent toutefois emprisonnés, selon les ONG.

Les élections de 2015 révéleront la sincérité du régime, alors que les militaires pourraient être forcés de céder pacifiquement le pouvoir en cas de victoire d'Aung San Suu Kyi.

La visite de Thein Sein pourrait par ailleurs être perturbée par une manifestation organisée devant les grilles de la Maison-Blanche. Ses organisateurs souhaitent attirer l'attention sur le sort des Rohingyas, une minorité musulmane apatride victime d'une « campagne de nettoyage ethnique » selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch.

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