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Un juge fait l'objet d'une plainte pour des propos considérés déplacés

19/05/2013 06:40 EDT | Actualisé 19/07/2013 05:12 EDT

Le juge Jean-Paul Boyer fait l'objet d'une plainte au Conseil de la magistrature pour des propos prononcés dans l'affaire Laurent Raymond, ce chauffard qui a blessé gravement trois adolescentes à Ville Mont Royal en juillet 2010.

Un citoyen qui ne connaît pas les victimes a décidé de porter plainte contre le juge Boyer, choqué par son apparent manque d'empathie à l'endroit des victimes. Il juge déplacés les propos que le juge a tenus en avril dernier, alors que la peine du chauffard venait d'être reportée de deux mois pour lui permettre de terminer son cégep.

« C'est un dossier parmi tant d'autres. C'est sûr que quand c'est ton enfant qui est impliqué, c'est « ton » dossier, mais écoutez [...] il faut être logique. Il faut être pratique », avait déclaré le juge.

Les familles des victimes avaient reçu ces commentaires comme une gifle. La plainte déposée par le citoyen représente un appui inattendu est une source de réconfort pour elles.

Par ailleurs, ce n'est pas la première fois que les propos du juge Boyer relativement à des victimes font bondir des citoyens. En 2012, dans un dossier de fraude, Jean Pierre Boyer avait refusé d'entendre des victimes âgées exposer les séquelles du crime. Ces témoignages étaient une perte de temps pour la cour, disait-il.

« Moi, je suis un juge de gestion, m'asseoir dans une salle et passer deux heures à écouter des témoins, je n'ai pas le temps de faire ça. Je me rends disponible pour des plaidoyers, pour un tas de trucs, mais pas ça. Surtout que c'est un dossier de fraude alors il y a des séquelles monétaires, mais des séquelles physiques, je ne pense pas », avait-il lancé à l'époque.

Le juge avait finalement dû se récuser et l'un de ses collègues a repris le dossier.

Dans le cas présent, le conseil de la magistrature devrait faire savoir sous peu s'il retient la plainte déposée contre le magistrat.

À voir aussi : L'entrevue d'Anne-Marie Dussault avec l'une des victimes, Claudia Di Iorio, et son père

D'après les informations d'Isabelle Richer.

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