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Tunisie: 11 000 policiers ont été déployés pour empêcher un congrès salafiste

19/05/2013 11:40 EDT | Actualisé 19/07/2013 05:12 EDT

KAIROUAN, Tunisie - Quelque 11 000 policiers et soldats ont été déployés autour d'un site religieux en banlieue de Tunis pour empêcher, dimanche, la tenue du congrès annuel du mouvement salafiste Ansar al-Shariah.

Des postes de contrôle avaient été installés et des patrouilles circulaient dans la ville de Kairouan, alors que les autorités avaient déclaré plus tôt que la conférence du groupe extrémiste, impliqué dans plusieurs attaques récentes à travers la Tunisie, constituait une menace à la «sécurité et à l'ordre public».

La police a brièvement affronté des jeunes hommes qui lançaient des pierres au centre-ville et a usé de gaz lacrymogène pour les disperser. L'hôpital Kairouan a rapporté que cinq civils et quatre policiers avaient été blessés lors des combats.

Des heurts plus sérieux ont toutefois eu lieu entre les forces de l'ordre et des partisans d'Ansar al-Shariah dans la banlieue pauvre d'Ettadamon, au nord de la capitale, où des jeunes hommes ont lancé des pierres et mis le feu à des pneus tandis que les policiers ripostaient avec du gaz lacrymogène et des tirs de semonce.

L'agence de presse officielle de la Tunisie a rapporté qu'un homme de 27 ans avait été tué dans le cadre de ces affrontements et que 11 policiers avaient été blessés.

Le leader religieux d'Ansar al-Shariah, Seifallah Ben Hassine, est recherché relativement à son implication dans l'attentat contre l'ambassade américaine en septembre dernier, tandis que ses fidèles sont accusés d'avoir attaqué des galeries d'art, des postes de police et des cinémas.

Un tel déploiement de policiers n'avait pas été vu depuis la chute, en 2011, de l'ancien président Zine El-Abidine Ben Ali, qui a été à la tête d'un puissant État policier.

Le gouvernement tunisien, dirigé par le parti islamiste modéré Ennahda, a longtemps été accusé par ses détracteurs de ne pas avoir sévi suffisamment contre les attentats perpétrés par les salafistes, des musulmans ultraconservateurs.

La rhétorique d'Ansar al-Shariah semble toutefois avoir uni le pays contre lui. Le groupe a été vertement critiqué, jeudi, lors d'une conférence réunissant des syndicats, des représentants de la société civile et des partis politiques.

Seifeddine Rais, le porte-parole d'Ansar al-Shariah, a été interpellé par les autorités dimanche matin. Par ailleurs, une tentative de centaines de militants salafistes de se rassembler dans une banlieue pauvre a échoué, les forces de l'ordre ayant forcé les participants à se disperser avec du gaz lacrymogène.

La sécurité avait été renforcée à Kairouan dès samedi, alors que les policiers vérifiaient l'identité des personnes et fouillaient les voitures de tous ceux qui voulaient entrer dans la ville.

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