POLITIQUE

Rob Ford devrait faire le point publiquement sur la vidéo, selon une experte

19/05/2013 01:16 EDT | Actualisé 19/07/2013 05:12 EDT
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Mayor Rob Ford speaks to media after his meeting with Premier Dalton McGuinty , Police Chief Bill Blair, and other officials at Queens Park to discuss ways to reduce gun crimes in the city on July 23 2012 .VINCE TALOTTA/TORONTO STAR (Photo by Vince Talotta/Toronto Star via Getty Images)

TORONTO - Une spécialiste des relations publiques croit que la décision du maire de Toronto, Rob Ford, de ne pas animer son émission radiophonique hebdomadaire dimanche pourrait signifier qu'il n'a pas encore décidé comment réagir aux allégations selon lesquelles il aurait été filmé en train de fumer du crack.

Monica LaBarge, une professeure de l'université Queen's, a affirmé dimanche que M. Ford devrait dire s'il a réellement consommé de la drogue comme semble le montrer la vidéo, ce qu'il aurait pu faire cette semaine dans le cadre de son émission dominicale, «The City», diffusée sur les ondes de la station torontoise Newstalk 1010.

«S'il n'y a rien de vrai là-dedans, vous devriez alors pouvoir le dire, "Non, je n'ai jamais fait cela et tout a été inventé", ce qu'il n'a clairement pas fait», a-t-elle déclaré.

Mme LaBarge a ajouté que, lors de précédents scandales, M. Ford, son porte-parole ou son frère, le conseiller municipal Doug Ford, avaient nié les allégations, comme lorsque le Toronto Star avait laissé entendre en mars que le maire avait été expulsé d'un gala militaire après avoir bu trop d'alcool.

Mais, cette fois, Rob Ford et ceux qui s'expriment en son nom ne semblent pas avoir établi de stratégie pour gérer cette nouvelle crise, a indiqué l'experte.

Le Toronto Star et le site Internet américain Gawker ont lancé le pavé dans la mare jeudi soir. Deux journalistes du Star et le rédacteur en chef de Gawker ont dit avoir visionné la vidéo filmée à l'aide d'un téléphone cellulaire et disent qu'elle semble bien mettre en scène le maire Ford.

Dans son reportage, le Star a expliqué que deux de ses reporters avaient vu la vidéo le 3 mai et que cette dernière montrait Rob Ford, visiblement intoxiqué, assis sur une chaise, en train d'aspirer quelque chose de ce qui semble être une pipe à crack en verre.

Les deux médias ont rapporté que, dans la vidéo, on pouvait entendre M. Ford faire des remarques désobligeantes au sujet du leader libéral Justin Trudeau et de l'équipe de football d'une école secondaire dont il est l'entraîneur.

Les médias ont précisé que la vidéo leur avait été présentée par un présumé vendeur de drogue qui aurait tenté de la vendre pour au moins 100 000 $.

Vendredi, le maire avait dénoncé l'article publié par le Toronto Star sur la vidéo, soutenant qu'il s'agissait d'une campagne de dénigrement et que les allégations étaient «ridicules».

Son avocat, Dennis Morris, a pour sa part qualifié les allégations de «fausses et diffamatoires». Il a fait remarquer au journal qu'il était impossible de savoir ce qu'une personne fumait en regardant une vidéo.

En entrevue à La Presse Canadienne, dimanche, Me Morris a fait savoir qu'il n'avait reçu aucune directive de la part de M. Ford quant à la possibilité d'intenter une poursuite contre le Star et Gawker.

«Nous allons attendre le dévoilement d'une vidéo, s'il en existe une», a déclaré Me Morris. «Si cela se produit, peut-être aurons-nous une meilleure idée de ce qu'elle contient.»

Cité par la station CKNW de radio de Vancouver samedi, le frère de Rob Ford, Doug, a assuré n'avoir jamais vu son cadet toucher à du crack, une forme épurée de la cocaïne. Doug Ford a informé CKNW qu'il prévoyait réagir aux allégations au sujet de son frère, mardi.

Selon Mme LaBarge, c'est le M. Ford lui-même et non son frère qui devrait préciser publiquement s'il a déjà consommé cette drogue parce que son silence sur la question ne fait qu'alimenter les rumeurs concernant l'authenticité de la vidéo.

La direction de Newstalk 1010 a indiqué qu'elle espérait que Rob et Doug Ford reviendraient au micro la semaine prochaine.

Par ailleurs, le site Gawker sollicite des dons de la part du public pour amasser les 200 000 $ dont il dit avoir besoin pour acheter et mettre en ligne la fameuse vidéo. Dimanche après-midi, il avait recueilli 66 000 $.