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Côte-d'Ivoire: arrestation d'un chef de milice et partisan de Alassane Ouattara

18/05/2013 02:03 EDT | Actualisé 18/07/2013 05:12 EDT

ABIDJAN, Côte d’Ivoire - Un chef de milice soupçonné de graves crimes pendant les violences post-électorales de 2011 en Côte-d'Ivoire a été arrêté samedi, à proximité du parc national occupé illégalement par ses hommes, ont indiqué des représentants des forces de l'ordre.

Amadé Oueremi, un Burkinabé, s'était battu aux côtés des forces soutenant le président Alassane Ouattara pendant le conflit, qui a éclaté après que l'ancien président Laurent Gbagbo eut refusé de quitter son poste, malgré sa défaite à l'élection de novembre 2010. Au moins 3000 personnes ont péri pendant les cinq mois qu'a duré le conflit, selon les données des Nations unies.

L'homme a été arrêté samedi matin dans un village près du parc national du Mont Peko, a précisé Denis Badouon, le maire adjoint de la ville de Duékoué, dans l'ouest de la Côte-d'Ivoire. Oueremi y avait établi la base de sa milice depuis 1986, indique-t-on dans un rapport de l'ONU. M. Badouon a ajouté que plusieurs sources militaires avaient confirmé son arrestation.

Un commandant de l'armée, qui a requis l'anonymat, a indiqué que Oueremi s'était lui-même rendu aux autorités après que l'armée eut renforcée sa présence dans la région, en vue de ce qui s'apparentait à une offensive pour l'en déloger.

On ignore encore s'il a été formellement accusé de crimes.

Dans son rapport de 2011 sur le conflit post-électoral, l'organisation Human Right Watch l'avait identifié comme l'un des principaux responsables du massacre de Duékoué, en mars 2011, au cours duquel des centaines de partisans de Laurent Gbagbo avaient été tués.

Le président Ouattara a tenté de rapprocher les deux camps au cours des deux dernières années, mais ses efforts ont été plombés par l'absence d'enquêtes sur les agissements de ses propres partisans au sein de l'armée, qui sont accusés de graves violations des droits de la personne lors du conflit. Oueremi était par ailleurs devenu le symbole de cette présumée impunité, se déplaçant dans l'ouest du pays dans des convois de dizaines de voitures et de motos, alors même que les autorités admettaient qu'il occupait illégalement des terres protégées.

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