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Syrie: des ONG réclament la libération d'un pacifiste accusé de "terrorisme"

17/05/2013 04:19 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

Dix-neuf organisations des droits de l'homme à travers le monde ont appelé vendredi les autorités syriennes à libérer sans poursuites le militant pacifique Mazen Darwish et deux de ses amis, accusés de "terrorisme", selon elles.

Mazen Darwish, Hussein Gharir et Hani Zaitani -- ainsi que deux autres militants en liberté conditionnelle depuis février -- "comparaîtront devant la cour antiterroriste de Damas le 19 mai" alors qu'ils sont "poursuivis pour terrorisme en raison de leur engagement pacifique en faveur de la liberté d'expression", dénoncent ces groupes parmi lesquels figurent Human Rights Watch, Reporters sans frontières et Amnesty International.

"Le gouvernement syrien doit cesser de poursuivre des militants en raison d'activités pourtant pacifiques et légitimes sur la base d'une législation antiterroriste volontairement floue et abusive", soulignent ces organisations.

"Ces derniers ne devraient en outre pas être jugés par la cour antiterroriste, juridiction n'offrant pas aux défendeurs les garanties du droit à un procès équitable, consacré par les normes internationales".

Les Etats-Unis se sont également déclarés "profondément inquiets" pour M. Darwish. La porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, y a vu "clairement la tentative continue du régime (syrien) de réprimer la liberté d'expression et de faire taire ceux qui plaident pacifiquement pour la démocratie et les droits de l'homme".

Selon un acte d'accusation du 27 février 2012, les cinq hommes sont "poursuivis pour +publicité d'actes terroristes+, en application de l'article 8 de la loi antiterroriste, promulguée par le président Bachar al-Assad en 2012". Ils "encourent une peine pouvant aller jusqu'à quinze ans de prison", déplorent ces organisations.

Leur procès "illustre parfaitement la politique de répression menée par le gouvernement contre les voix critiques en Syrie. Il s'inscrit dans le cadre plus large de l'entreprise de censure et de répression systématiques des journalistes, professionnels des médias, journalistes citoyens (dont les blogueurs) et militants défendant la liberté d'expression orchestrée dans le pays", ajoutent-elles.

MM. Darwish, Gharir et Zaintani, membres du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression comme les deux autres militants, sont détenus depuis plus d'un an. D'après "d'anciens prisonniers détenus avec eux, les trois militants ont été victimes d'actes de torture et de mauvais traitements", affirment ces ONG.

Des dizaines de milliers de personnes ont été emprisonnées dans les geôles syriennes ces deux dernières années, au cours desquelles une révolution pacifique contre le régime Assad s'est transformée en rébellion armée.

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