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Plusieurs gais européens vivent dans la peur, selon un sondage

17/05/2013 09:28 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

LA HAYE, Pays-Bas - L'Union européenne demande des mesures pour lutter contre la discrimination et la violence dont seraient victimes les homosexuels, après qu'une étude ait démontré que plusieurs d'entre eux vivent dans la peur.

La publication du sondage, vendredi, coïncide par ailleurs avec la validation, en France, de la récente loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Le Conseil constitutionnel français a ainsi rejeté la demande de députés conservateurs de l'UMP, affirmant que la loi du gouvernement Hollande était bel et bien conforme à la Constitution.

L'étude, menée en ligne auprès de 93 000 gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres, indique que plus de 80 pour cent d'entre eux sont victimes d'intimidation à l'école; que près de 20 pour cent se croient victimes de discrimination quand ils cherchent un emploi; et que 25 pour cent ont été victimes d'actes de violence au cours des dernières années.

Deux tiers des personnes interrogées ont dit craindre de tenir la main de leur partenaire du même sexe en public; ce pourcentage grimpe à 75 pour cent chez les hommes gais et bisexuels.

Un représentant de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne a affirmé que des gestes doivent être posés pour faire tomber les barrières, éliminer la haine et créer une société où tous profiteront pleinement de leurs droits.

«Je le sais pour l'avoir vécu. Dans certains coins de certaines villes, je ne le ferais peut-être pas non plus», a quant à elle lancé la députée européenne autrichienne Ulrike Lunacek, qui a tout de même ajouté avoir noté des améliorations dans le comportement des gens depuis qu'elle s'est affichée comme lesbienne, il y a 30 ans.

L'étude a été rendue publique vendredi lors d'une conférence à La Haye, à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie.

«Pour la première fois, on peut constater que la peur est encore très présente», a renchéri Mme Lunacek.

«Ça démontre très clairement que les choses ne vont pas bien, a déclaré Vivane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté. On retrouve encore de nombreuses discriminations, les (lois) qui ont été adoptées par les États membres ne sont pas appliquées concrètement et les LGBT ont peur de s'adresser à la police ou au tribunal parce qu'ils craignent d'être victimisés une deuxième fois.»

Par ailleurs, en Géorgie, des milliers de manifestants homophobes, dont plusieurs prêtres orthodoxes, ont occupé une rue centrale de la capitale, Tbilissi, et menacé de s'en prendre à ceux qui participeraient à une marche de la fierté gaie. Des dizaines de policiers qui avaient été déployés pour assurer le maintien de l'ordre ont rapidement escorté hors de la ville des militants homosexuels.

Dans le même temps, le Conseil constitutionnel français a tranché en faveur du gouvernement socialiste, vendredi, et des mariages entre couples de même sexe pourraient donc être célébrés dès la fin du mois de mai.

Le président François Hollande, qui avait fait du mariage entre conjoints de même sexe l'une de ses promesses électorales l'an dernier, s'est engagé à promulguer la loi dès que possible.

Le sondage anonyme a été mené par Gallup Europe et LGBT Europe entre les mois d'avril et juillet, l'an dernier, pour le compte de l'Agence des droits fondamentaux de l'UE. Quelque 93 000 personnes âgées de 18 ans ou plus et se définissant comme gay, lesbienne, bisexuel ou transgenre, ont été interrogées dans les 27 pays de l'UE et en Croatie.

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