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Pas de paix possible au Proche Orient sans "unité" des Palestiniens (Erdogan)

17/05/2013 12:51 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a averti vendredi que la paix entre Israéliens et Palestiniens ne serait possible que si les Palestiniens du Fatah en Cisjordanie et ceux du Hamas dans la bande de Gaza se réconciliaient.

"On doit arriver à l'unité entre le Fatah et le Hamas. Si on n'arrive pas à cette réconciliation, alors je ne crois pas qu'une solution émergera des discussions israélo-palestiniennes", a déclaré M. Erdogan devant un centre de recherches de Washington.

"En ce qui concerne la Turquie, je pense que nous pouvons faire beaucoup parce que nous pouvons parler au Hamas, nous pouvons parler au Fatah (...). Nous voulons qu'ils se retrouvent, qu'ils s'entendent", a plaidé le chef du gouvernement turc devant la Brookings Institution, dans le cadre d'une visite officielle à Washington.

M. Erdogan a rappelé à son auditoire une conversation passée avec l'envoyé spécial du Quartette sur le Proche-Orient, Tony Blair, au cours de laquelle il lui avait "dit que le Hamas devait être autour de la table pour qu'émerge la paix au Proche-Orient".

Le dirigeant turc, dont les propos étaient traduits en anglais, a également de nouveau exigé d'Israël qu'il se "retire jusqu'aux frontières (d'avant) 1967" et l'a critiqué pour "ne pas accepter la Palestine en tant qu'Etat".

Le Premier ministre turc avait déclaré jeudi lors d'une conférence de presse avec le président américain Barack Obama qu'il espérait se rendre dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie, en juin.

La visite de M. Erdogan dans les Territoires palestiniens, qu'il avait déjà annoncée ces derniers mois, interviendrait au moment où Israël et la Turquie tentent de normaliser leurs relations à la demande des Etats-Unis.

Washington a tenté de dissuader son allié turc de se rendre à Gaza. Le secrétaire d'Etat John Kerry avait exhorté fin avril à Istanbul M. Erdogan à "retarder" ce déplacement en attendant "des conditions plus favorables" pour le processus de paix.

Le Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, avait critiqué ce projet, estimant qu'il renforçait la division entre les Palestiniens qui tentent de se réconcilier.

Mercredi, les deux mouvements rivaux palestiniens se sont donné mercredi trois mois pour former un gouvernement d'union nationale et convoquer des élections simultanées, principales clauses de leurs accords de réconciliation qui tardent à se concrétiser.

Ces accords du Caire (avril/mai 2011) et de Doha (février 2012), restés pour l'essentiel inappliqués, prévoient que les gouvernements du Premier ministre palestinien démissionnaire Salam Fayyad et du Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, cèdent la place à un exécutif transitoire non partisan dirigé par le président Abbas et chargé d'organiser des élections dans les trois mois.

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