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Meurtre d'Alexander Litvinenko: une partie de la preuve écartée par le coroner

17/05/2013 06:38 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

LONDRES - Les éléments de preuve concernant le présumé rôle de l'État russe dans l'assassinat de leur ancien espion Alexander Litvinenko seront écartés, a annoncé vendredi le coroner britannique chargé de l'enquête dans cette affaire.

La décision du coroner Robert Owen d'obtempérer à la demande du secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, William Hague, n'a pas manqué de susciter les critiques de la veuve de Litvinenko, en plus d'ajouter d'autres doutes sur une enquête dont les travaux ont déjà largement été retardés.

M. Hague avait demandé au coroner de ne pas considérer certains documents pour des raisons de sécurité nationale. M. Owen ne pourra donc pas considérer, pour son enquête, les documents en lien avec le rôle présumé du Kremlin dans la mort de Litvinenko, pas plus que ceux concernant le travail d'agents britanniques, afin de déterminer s'ils auraient pu en faire plus pour protéger l'agent.

Alexander Litvinenko, un ancien espion qui s'est retourné contre Moscou, est mort en novembre 2006 à l'âge de 46 ans après avoir bu une tasse de thé empoisonné au polonium 210 dans un hôtel de Londres. Sa famille affirme qu'il travaillait pour les services secrets britanniques au moment de sa mort. La Grande-Bretagne a accusé deux Russes dans l'assassinat de l'espion, mais Moscou refuse d'extrader les suspects, qui nient être liés à cette affaire.

L'enquête devait être lancée ce mois-ci, mais les procédures ont été retardées à de multiples reprises en raison de délais dans le dévoilement de la preuve.

Le secrétaire d'État William Hague avait déposé plus tôt sa demande de protéger certains documents en invoquant l'intérêt public.

M. Owen a précisé qu'il songeait à recommander au gouvernement britannique de tenir une enquête distincte pour permettre à ces documents confidentiels d'être analysés.

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