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L'ex-dictateur argentin Jorge Videla est mort

17/05/2013 10:55 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

L'ancien dictateur argentin Jorge Videla, condamné à la prison à perpétuité pour la répression sanglante durant sa présidence (1976-1981), est décédé vendredi de mort naturelle à l'âge de 87 ans.

Condamné à la prison à perpétuité pour violations des droits de l'homme, dont le vol systématique des bébés des opposants politiques détenus, Jorge Videla a passé ses dernières années dans une prison de la banlieue de Buenos Aires.

Il serait d'ailleurs mort dans sa cellule, selon une porte-parole des militaires emprisonnés. Une précédente information des chaînes de télévision faisait toutefois état du décès dans un hôpital de Buenos Aires.

C'est notamment sous le commandement du général Videla que la junte militaire au pouvoir (1976-1983) a fait disparaître 30 000 personnes et torturé ou emprisonné des centaines de milliers de personnes, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

L'année dernière, l'ancien dictateur s'est confié à un journaliste et a admis pour la première fois avoir pris part aux assassinats. Dans l'ouvrage intitulé Disposition finale, le général Videla affirme la junte militaire aurait tué « entre 7000 et 8000 » personnes et aurait fait disparaître les corps pour « éviter des réactions de protestation dans le pays et à l'étranger ».

Mardi, il a été entendu à Buenos Aires lors d'une audience du procès consacré au Plan Condor, un réseau de répression des opposants créé par les dictatures militaires d'Amérique du Sud dans les années 1970 et 1980. Comme à son habitude, il a refusé de reconnaître la justice civile.

Né en 1925 dans la province de Buenos Aires, Jorge Videla a fait une carrière militaire avant de prendre le pouvoir après le coup militaire de mars 1976, destituant Isabel Peron, troisième épouse de l'ex-président Juan Domingo Peron.

Pendant la « guerre sale », la répression a frappé aveuglément syndicalistes, guérilleros, hommes politiques, ecclésiastiques, journalistes, universitaires. Plusieurs d'entre eux sont kidnappés, torturés puis jetés en mer à bord d'hélicoptères.

« Il a passé sa vie à faire le mal, laissant une marque sur la vie du pays », a réagi l'artiste argentin Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix en 1980 pour son engagement en faveur des droits de la personne. « Sa mort met fin à sa présence physique sur terre, mais pas à ce qu'il a fait au pays. »

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