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L'ancien dictateur argentin Jorge Rafael Videla meurt dans son sommeil en prison

17/05/2013 10:36 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

BUENOS AIRES, Argentine - L'ancien dictateur argentin Jorge Rafael Videla est mort en prison, vendredi, où il purgeait une peine d'emprisonnement à vie pour crimes contre l'humanité.

Il était âgé de 87 ans.

Videla avait pris le pouvoir après un coup d'État en 1976 et a dirigé une junte militaire sanglante, responsable de la mort de milliers de personnes.

L'homme est décédé dans son sommeil et a été retrouvé sans vie dans sa cellule de la prison Marcos Paz, vendredi matin. Il purgeait une peine d'emprisonnement à vie, après avoir été condamné en 2010 relativement à des accusations de torture et du meurtre de 31 dissidents politiques. Videla avait également été condamné deux ans plus tard, en 2012, dans le scandale des vols de bébés.

Il ne s'est jamais caché d'avoir dirigé l'un des gouvernements les plus sanguinaires d'Argentine, et a fréquemment profité des nombreux procès dont il a fait l'objet pour affirmer avoir été au courant d'absolument tout.

Videla, qui s'est emparé du pouvoir en mars 1976, est rapidement devenu l'architecte d'un système répressif qui a fait plus de 9000 morts, selon le bilan officiel déposé en 1983, date à laquelle la démocratie a été restaurée en Argentine. Des groupes de défense des droits de l'homme estiment toutefois que le régime a fait environ 30 000 morts. C'est notamment à l'occasion de cette «guerre sale» que des détenus, drogués mais toujours vivants, ont été lancés dans l'océan depuis des avions.

La dictature de Videla a également instauré une politique tristement célèbre, soit le vol des nourrissons de dissidentes politiques emprisonnées. Les femmes étaient maintenues en vie jusqu'à ce qu'elles donnent naissance à leur enfant, pour ensuite être assassinées. Les bébés étaient alors adoptés dans l'illégalité par des familles de militaires ou de policiers.

Grâce au pardon de la junte — instauré par le président Carlos Menem en 1990 —, Videla est demeuré libre jusqu'en 1998, lorsqu'un juge l'a accusé relativement aux vols d'enfants. Il n'a passé qu'un mois en prison avant d'être assigné à résidence dans l'attente de son procès, un droit réservé aux Argentins de plus de 70 ans, mais ce privilège lui a été enlevé en 2008 par la cour. Au total, l'homme n'a passé que cinq ans derrière les barreaux.

Videla est décédé dans l'attente de son procès dans l'opération Condor, concernant les enlèvements et les meurtres de dissidents. Son ancien ministre de l'Économie, Martinez de Hoz, détesté par la population, est lui aussi mort en détention en mars, alors qu'il devait être jugé pour crimes contre l'humanité.

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