BIEN-ÊTRE

Cannes 3e jour: drame étouffant, fresque épique et fric-frac inédit

17/05/2013 04:55 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

Deux nouveaux films ont défendu leurs couleurs vendredi, en compétition pour la Palme d'or.

D'un côté, "Le Passé" de l'Iranien oscarisé Asghar Farhadi, drame familial étouffant sur les effets dévastateurs des secrets et rancoeurs, avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim. Le film a été très applaudi en projection de presse. De l'autre, "A Touch of sin" du Chinois Zia Zhang-Ke, une fresque épique sur une Chine en plein boom économique, minée par la corruption, la pauvreté et la violence, à travers le quotidien de quatre personnages. Avec les héroïnes complexes de la veille, la compétition semble être entrée de plain-pied dans l'intime, tandis que le plus glamour des festivals s'est retrouvé bien malgré lui à la rubrique des faits-divers avec le vol rocambolesque dont a été victime le joaillier Chopard qui bijoute les stars sur le tapis rouge.

- Palmarès : "Jeune et Jolie" du Français François Ozon est pour le moment le préféré des critiques étrangers sondés par la revue Screen International, nettement devant "Heli" du Mexicain Amat Escalante qui décroche toutefois la palme selon le palmarès évolutif du magazine français TechniKart, tout comme Le Parisien qui a adoré (enquête Gala), au contraire des Cahiers du cinéma et de Positif qui ont détesté (sondage Film Français). Palmé par Le Journal du Dimanche et AlloCiné, "Le Passé" semble toutefois s'imposer au 3e jour de la compétition.

- Le buzz du jour - Plus d'un million de dollars de bijoux Chopard ont été dérobés dans la nuit de jeudi à vendredi dans le coffre de la chambre d'hôtel d'une collaboratrice du joaillier. Du jamais vu, à moins de plonger dans la fiction: "La main au collet" (1955) signé Hitchcock avec Cary Grant et Grace Kelly, tourné en partie au Carlton de Cannes, raconte une série de vols mystérieux de bijoux dans les palaces de la Côte d'Azur. Heureusement, la Palme d'or fabriquée chaque année par le joaillier suisse se trouve en lieu sûr, a assuré la direction du festival.

- L'homme du jour - A Cannes, pour la projection de la version restaurée des "Parapluies de Cherbourg" dans le cadre de Cannes Classics, Michel Legrand, géant français de la musique de films trois fois oscarisé, a regretté à l'AFP que sa spécialité "manque d'aventuriers". "Aujourd'hui, la plupart des musiques de films sont faites par des gens qui ne sont pas musiciens. Ils grattent une guitare ou ils appuient sur un appareil électronique qui fait boum-boum, ça ne m'impressionne pas du tout", a-t-il dit. "Les gens espèrent faire carrière, fortune, mais ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre. Il faut prendre tous les risques, abandonner toute idée de réussite. Il faut avoir un amour irraisonné pour les gens et les choses, une folie totale. Personne n'ose. C'est la triste constatation de cette époque".


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