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Sans surprise, Denis Coderre confirme sa candidature à la mairie de Montréal

16/05/2013 04:38 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le député libéral de Bourassa, Denis Coderre, a été plongé dans la réalité politique montréalaise avant même d'annoncer officiellement sa candidature à la mairie de Montréal, jeudi, alors qu'il a été accueilli par des manifestants réclamant des logements sociaux, dont certains étaient masqués, devant l'hôtel de ville.

Les manifestants l'ont chahuté tout au long de l'annonce, qu'il a tout de même réussi à faire malgré le bruit ambiant. Politicien d'expérience, M. Coderre a même réussi à leur donner une leçon de récupération politique.

«Montréal n'a pas besoin de sauveur. Elle a besoin d'un leader, d'un rassembleur compétent et inclusif, d'un chef d'orchestre... et de logements sociaux», a-t-il ajouté, ce qui lui a valu une salve d'applaudissements de la part des protestataires.

En même temps, il n'a pas craint de les confronter, se prononçant clairement en faveur des règlements encadrant les manifestations.

«Ceux qui manifestent présentement avec les masques et tout ça ne représentent pas l'ensemble des Montréalais et moi, je vais respecter tout le monde. (...) Premièrement, il faut qu'on donne l'itinéraire et deuxièmement, quand on manifeste, on n'a pas besoin de se cacher le visage», ce qui lui a attiré, cette fois, des huées nourries.

Malgré tout, l'événement a donné lieu à deux arrestations — en fait, les deux hommes masqués qui ont pris place de chaque côté du candidat tout au long de sa conférence de presse. Un manifestant, un homme âgé, a été blessé dans une échauffourée avec les policiers et a dû être transporté en ambulance.

M. Coderre, qui démissionnera de son poste de député aux Communes le 2 juin prochain, s'est dit prêt à accueillir les membres de toute formation politique dans son équipe et a promis de ne pas diriger la ville de manière partisane.

«La première chose que je vais faire, aussitôt qu'on sera élu, le parti politique n'existera pas. Il va y avoir le leader et tout ça, mais ça n'existera pas parce que les gens n'auront pas la ligne de parti. Ils vont faire preuve de solidarité, on va s'entendre sur les grands enjeux», a-t-il dit.

À cet effet, il a présenté ses deux coprésidents de campagne, dont la mairesse de l'arrondissement Villeray - Saint-Michel - Parc Extension, Annie Samson, qui siège comme indépendante depuis décembre dernier après avoir passé 19 ans au sein du parti Vision Montréal de Louise Harel. L'autre coprésident est l'ex-ministre péquiste Pierre Bélanger.

Denis Coderre a précisé que son équipe sera composée de 50 pour cent d'élus et 50 pour cent de «gens de l'extérieur» de la scène politique.

Les élus qui voudront se joindre à lui seront les bienvenus mais devront «montrer patte blanche», selon son expression, une référence très claire aux scandales de corruption qui ont miné la métropole au cours des derniers mois.

Il a d'ailleurs promis pour sa campagne un financement populaire dans lequel aucune contribution de plus de 100 $ ne serait acceptée.

M. Coderre, qui a placé l'honnêteté, la gouvernance et la confiance au sommet de ses priorités, a expliqué son mutisme sur les diverses crises ayant affecté Montréal depuis quelque temps par une volonté de ne pas «mêler les juridictions», alors qu'il était toujours député fédéral.

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a salué son arrivée, elle qui avait dénoncé son silence. Selon elle, l'accueil des manifestants s'est avéré un rappel nécessaire.

«C'est le test de la réalité qui commence pour M. Coderre. Il était dans les limbes jusqu'à tout récemment. C'est une position confortable les limbes, mais quand on descend sur terre, il faut vraiment prendre position et il verra que ce n'est pas facile», a-t-elle indiqué.

Elle n'a d'ailleurs pas hésité à faire appel à l'ironie pour commenter son entrée.

«Je suis abonnée au Tweet et au Facebook de M. Coderre. (...) C'est un très bon analyste de hockey mais je ne l'ai pas entendu parler de Montréal d'aucune façon, ni écrire sur Montréal quoi que ce soit, alors que Montréal a traversé la période la plus difficile de son histoire au cours des derniers mois.»

Quant à la possibilité que les Montréalais puissent voir en lui un leader fort, Mme Harel a remis en question cette idée en opposant la situation de Montréal à celle de Québec.

«Je suis convaincue que Montréal ne peut pas s'offrir comme, par exemple, la ville de Québec, une personnalité comme M. Régis Labeaume. Québec c'est une ville très homogène et M. Labeaume correspond à leurs besoins. Mais Montréal c'est une ville cosmopolite, c'est une ville de diversité, hétérogène. C'est une ville qui nécessite une coalition», a-t-elle soutenu.

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