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Les démêlés actuels d'Obama, une aubaine pour les républicains

16/05/2013 02:00 EDT | Actualisé 16/07/2013 05:12 EDT

Presque oubliée après les primaires républicaines de 2012, la championne des conservateurs du Tea Party Michele Bachmann était la vedette du Capitole jeudi à Washington, ressuscitée par la triple controverse éclaboussant actuellement l'administration de Barack Obama.

Le regain d'attention porté au Tea Party marque un retour sur investissement pour les républicains, qui crient au scandale politique depuis plus d'un an sur le "harcèlement" par le fisc américain de dizaines de comités locaux du mouvement conservateur. Les services fiscaux ont en effet admis vendredi avoir ciblé de tels groupes.

"C'est extrêmement inquiétant car (...) le pouvoir de taxer est le pouvoir de détruire", a déclaré Michele Bachmann, présidente du groupe des élus du Tea Party, lors d'une conférence de presse devant le Congrès.

Les protestations de ce mouvement étaient jusque-là restées confinées aux médias conservateurs, mais des dizaines de journalistes se sont rendus à la conférence de presse de Mme Bachmann.

A 18 mois des élections législatives, et après le limogeage du directeur du fisc par Barack Obama mercredi, les républicains entendent exploiter l'affaire pour dresser le portrait d'un pouvoir arrogant et liberticide. D'autant plus que celle-ci s'ajoute à deux autres scandales: l'attentat de Benghazi en septembre en Libye, qui a mis le département d'Etat sur la sellette, et la saisie par le département de la Justice de relevés de l'agence de presse AP.

"Il est tout simplement inacceptable qu'il y ait ne serait-ce qu'une pointe de partis pris ou d'idéologie dans l'application du code fiscal", a déclaré Barack Obama jeudi lors d'une conférence de presse.

Mais Paul Broun, candidat au Sénat aux élections de 2014, dit à l'AFP qu'il espère que les électeurs "verront que le parti démocrate a toujours promu une intrusion de l'Etat dans nos vies pour nous priver de notre liberté".

"Les abus de pouvoir ont inévitablement des répercussions politiques", explique à l'AFP le sénateur Ted Cruz. "Quand Richard Nixon a utilisé la machinerie de l'Etat pour punir ses ennemis politiques, c'était une faute, condamnée par les deux camps".

Tim Miller, consultant républicain, prédit que l'affaire du fisc "ralliera les troupes" en 2014 au sein de l'électorat conservateur.

Mais les républicains, qui ne contrôlent que la chambre basse du Congrès, ont depuis 2011 été avant tout une force de blocage. La limite de leur pouvoir devait s'illustrer jeudi par un troisième vote symbolique pour abroger la grande réforme de santé de Barack Obama, votée en 2010 et qui doit entrer pleinement en vigueur en 2014.

Les dirigeants du parti, tout en jouant leur rôle de critiques de l'exécutif, sont conscients que l'emploi reste la priorité des électeurs.

"Je continue à parler d'emploi, c'est notre priorité numéro un", a déclaré jeudi John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants.

Si les négociations sur le budget restent dans l'impasse, en revanche les affaires actuelles n'ont pas réussi à faire dérailler l'autre grand dossier du printemps, la réforme de l'immigration.

Alors que Michele Bachmann tonnait jeudi contre le gouvernement à l'extérieur du Capitole, à l'intérieur sénateurs républicains et démocrates poursuivaient leur patient examen, en commission, du texte qui doit aboutir à la première refonte du système d'immigration en un quart de siècle, et à la régularisation de millions de sans-papiers.

"On peut être en désaccord sur A, et travailler ensemble sur B", assure à l'AFP le républicain Lindsey Graham, qui crie par ailleurs depuis des mois au complot dans l'affaire Benghazi.

ico/jca

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