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Le sénateur Duffy siégera comme indépendant

16/05/2013 01:35 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

La leader du gouvernement au Sénat, la sénatrice Marjory LeBreton, a annoncé en soirée que le sénateur Mike Duffy, au centre d'un scandale concernant ses dépenses et allocations, l'avait informée de sa démission du caucus pour siéger comme indépendant.

Plus tôt jeudi, le Nouveau Parti démocratique a demandé à la conseillère sénatoriale en éthique de faire enquête sur le cadeau de 90 000 $ fait par le chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright, au sénateur Duffy pour le remboursement de ses dépenses.

Le journaliste de Radio-Canada Daniel Thibeault a appris auprès d'une source conservatrice que le premier ministre Stephen Harper n'avait pas été impressionné par la façon dont le sénateur Duffy avait traité l'affaire.

Deux points auraient surpris le premier ministre. Premièrement, l'affirmation de Mike Duffy voulant qu'il ait contracté un prêt à la Banque Royale et que Nigel Wright n'aurait joué aucun rôle dans le remboursement. Deuxièmement, les allégations selon lesquelles le sénateur Duffy aurait réclamé des dépenses, durant les élections générales de 2011, à la fois au Parti conservateur et au Sénat.

Toujours selon une source de Daniel Thibeault, Nigel Wright aurait fait le don de 90 000 $ en croyant que Mike Duffy était véritablement incapable de rembourser. Il tenait à ce que l'argent retourne aux contribuables. M. Wright aurait toujours la confiance du premier ministre.

Le sénateur Duffy a publié un communiqué succinct, expliquant qu'il avait décidé de siéger comme indépendant pour ne pas gêner ses collègues. Il compte revenir dans les rangs du parti lorsque l'affaire sera réglée. Il affirme qu'il a toujours fait preuve de bonne foi.

Demande d'enquête

Le NPD a envoyé une lettre officielle à la conseillère Lyse Ricard pour lui demander d'examiner ce généreux don de Nigel Wright au sénateur.

Le bureau du premier ministre a admis mercredi que M. Wright avait fait un chèque personnel au sénateur pour couvrir le remboursement des allocations de logement pour une résidence secondaire qu'il aurait perçues sans y avoir droit.

Le NPD croit qu'en acceptant ledit cadeau, le sénateur pourrait avoir enfreint certaines règles d'éthique du Sénat, soit celles régissant les conflits d'intérêts, en plus d'avoir violé la Loi sur le Parlement du Canada.

Le parti souligne notamment la règle qui prévoit qu'un sénateur ne peut, directement ou indirectement, accepter de cadeaux ou d'autres avantages qui pourraient raisonnablement être considérés comme ayant un rapport avec sa charge de sénateur.

Les réclamations de dépenses de Mike Duffy et de deux autres sénateurs ont été récemment examinées par la firme comptable Deloitte. Celle-ci a conclu que le sénateur Duffy vit principalement à Ottawa - plutôt qu'à l'Île-du-Prince-Édouard - mais que les règles qui permettent la réclamation d'allocations pour une résidence secondaire ne sont pas claires.

Le sénateur avait remboursé les allocations avant même que Deloitte ait terminé son examen des dépenses.

Du lobbying

Par ailleurs, le réseau CTV a révélé jeudi soir que le sénateur Duffy aurait agi comme lobbyiste pour Sun Media dans le but de tenter d'influencer une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le groupe médiatique demandait plus tôt ce mois-ci que la chaîne Sun TV News soit incluse dans la programmation de base des distributeurs de câbles et de satellites.

La Presse Canadienne

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