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Affaire AP: certaines fuites "peuvent mettre en danger des vies" (Obama)

16/05/2013 02:30 EDT | Actualisé 16/07/2013 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama a défendu jeudi l'action de son gouvernement dans l'affaire de la saisie de relevés téléphoniques de l'agence Associated Press (AP), faisant valoir que certaines fuites dans la presse pouvaient "mettre en danger des vies".

"Des fuites liées à des questions de sécurité nationale peuvent mettre en danger des vies humaines", a expliqué M. Obama, interpellé à ce sujet lors d'une conférence de presse avec son hôte le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Elles peuvent mettre en danger les hommes et les femmes que j'ai envoyé sur le champ de bataille", ainsi que les agents de renseignement présents dans des pays étrangers, a remarqué le président.

"Donc, je ne m'excuse pas, et je ne pense pas que les Américains s'attendraient à ce que je le fasse, d'être inquiet (de la dissémination) d'informations qui pourraient compromettre leurs missions ou les faire tuer", a encore dit M. Obama.

Il a toutefois reconnu qu'il était nécessaire de parvenir à un équilibre entre les impératifs de sécurité nationale et la défense de la liberté d'expression, l'une des pierres d'angle de la démocratie américaine.

"Nous vivons aussi dans une démocratie où la liberté de la presse, la liberté d'expression et la libre circulation de l'information contribuent à me tenir pour responsable, contribuent à tenir l'Etat responsable, et contribuent au fonctionnement de notre démocratie", a remarqué le président.

Il a estimé que des projets de lois fédérales sur la protection des sources des journalistes, présentés la veille au Congrès par des élus alliés de son administration démocrate, pourraient permettre de parvenir à ce nécessaire "équilibre".

Egalement interrogé sur la question de savoir s'il avait confiance en son ministre de la Justice Eric Holder, malmené la veille par le Congrès en particulier sur l'affaire de saisie des relevés d'AP, M. Obama a affirmé que c'était le cas, sans équivoque.

"J'ai totalement confiance dans Eric Holder, en tant que ministre de la Justice. C'est un ministre de la Justice de premier ordre, il accomplit sa mission avec intégrité, et je m'attends à ce qu'il continue à le faire", a-t-il assuré.

Associated Press a annoncé lundi, pour s'en indigner, que des relevés de 20 de ses lignes téléphoniques, à Washington et New York, utilisées par une centaine de journalistes sur une période de deux mois, avaient été saisis à la demande du parquet fédéral, suscitant l'émotion des défenseurs de la liberté de la presse.

tq/jca

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