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Un projet de loi sur la protection des sources journalistiques au Sénat américain

15/05/2013 01:48 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT
AP

Un projet de loi renforçant la protection des sources des journalistes va être présenté au Sénat américain, a annoncé mercredi la Maison Blanche, après la controverse née de la saisie de relevés téléphoniques de l'agence de presse Associated Press (AP) par la justice.

"Un texte de loi va être réintroduit" par le sénateur de New York Chuck Schumer pour renforcer la protection des sources des médias, a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, en soulignant que l'administration du président Barack Obama avait été en contact avec l'élu démocrate et soutenait cette démarche.

"Le président soutient depuis longtemps une loi sur la protection des sources, quand il était au Sénat, pendant la campagne de 2008 et en tant que président", a assuré M. Carney.

"Il a été en contact, ou la Maison Blanche a été en contact avec le sénateur Schumer, et nous sommes heureux que ce projet de loi soit à nouveau présenté, parce que (M. Obama) est persuadé que nous devons donner aux médias les protections que ce texte apporterait", a-t-il ajouté.

De son côté, le représentant démocrate John Conyers, qui siège à la commission des affaires judiciaires de la Chambre, a indiqué qu'il souhaitait lui aussi présenter un tel texte au vote.

"Ce projet de loi sur la protection de la presse rendrait obligatoire pour l'administration de motiver la demande de communication d'informations venant d'organisations de presse", a expliqué M. Conyers, en qualifiant une telle loi de "mesure de bon sens".

Pour prendre force de loi, ce dispositif devrait être adopté dans les mêmes termes par le Sénat et la Chambre et être promulgué par M. Obama.

Associated Press a annoncé lundi, pour s'en indigner, que des relevés téléphoniques de ses journalistes avaient été saisis à la demande du parquet fédéral, suscitant l'émotion des défenseurs de la liberté de la presse et mettant le gouvernement américain sur la défensive.

L'administration du président Barack Obama a justifié mardi cette saisie par un cas de force majeure qui "mettait les Américains en danger".

Selon AP, l'enquête qui a justifié cette saisie concerne un article sur une "opération de la CIA au Yémen qui a empêché au printemps 2012 un complot d'Al-Qaïda visant à faire exploser une bombe dans un avion pour les Etats-Unis".

Mardi, plus d'une cinquantaine de groupes de médias américains ont protesté contre cette saisie jugée "excessive" et sans précédent.

Cette saisie "remet en question l'intégrité des pratiques du ministère de la Justice envers la presse et sa capacité à trouver par lui-même un équilibre entre ses pouvoirs de police et les droits des médias et de l'opinion (publique) stipulés par le Premier amendement" de la Constitution qui sanctuarise la liberté d'expression, ont affirmé ces médias.

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