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Syrie: l'ONU approuve une résolution appelant à une transition politique

15/05/2013 12:44 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - L'Assemblée générale des Nations unies a approuvé mercredi une résolution, appuyée par les pays arabes, appelant à une transition politique en Syrie.

Plus de 70 pays ont toutefois refusé de voter «oui» parce que la résolution appuie le principal groupe d'opposition et en raison de craintes qu'elle mine un effort conjoint entre les États-Unis et la Russie pour mettre fin au conflit.

Les États-Unis ont coparrainé la résolution, disant qu'elle offrait une solution politique.

Mais la Russie, un allié important du régime syrien, a exhorté au «non», disant qu'il était «contre-productif et irresponsable» de promouvoir une solution unilatérale alors que Moscou et Washington tentent de convaincre le gouvernement et l'opposition en Syrie d'accepter de négocier.

La résolution, qui n'est pas juridiquement contraignante mais qui peut avoir un poids moral, a été approuvée par un vote de 107 contre 12, avec 59 abstentions.

La résolution nomme la Coalition nationale syrienne, le principal groupe d'opposition, comme étant les «interlocuteurs nécessaires à une transition politique».

Elle critique aussi le régime du président Bachar el-Assad pour son utilisation d'armes lourdes et ses violations des droits de la personne.

Par ailleurs, les hostilités faisaient rage mercredi autour de la principale prison d'Alep, dans le nord de la Syrie, alors qu'un double attentat à la voiture piégée a été perpétré dans l'espoir de libérer des centaines d'opposants au régime, selon ce qu'ont rapporté des militants.

Par ailleurs, une interruption d'Internet à travers tout le pays a été notée pour la deuxième fois en une semaine. Le ministre des Communications a indiqué en mi-journée que le service avait été rétabli.

Alep s'est imposé comme l'un des principaux fronts de la guerre civile en Syrie après une offensive lancée par les rebelles en juillet, et les combats s'y poursuivent toujours avec les forces gouvernementales. La ville, la plus importante du pays, revêt une importance stratégique et symbolique pour les deux camps, qui ont accusé des pertes importantes pour tenter d'y élargir leur contrôle.

Mercredi matin, les rebelles ont fait exploser en simultanée deux voitures piégées devant l'édifice de la prison centrale, tentant par la suite de lancer l'assaut contre le bâtiment, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres.

L'offensive a déclenché de violents affrontements entre les hommes du président Bachar el-Assad et les rebelles autour de la prison. Au moins 15 soldats ont été tués, a indiqué le directeur de l'observatoire, Rami Abdul-Rahman, sans toutefois être en mesure de préciser le nombre de victimes du côté des opposants.

La prison d'Alep abriterait environ 4000 détenus, dont 250 ayant été emprisonnés en lien avec le conflit opposant, depuis 26 mois, les rebelles au régime d'el-Assad, a poursuivi M. Abdul-Rahman, qui affirme tenir ses informations d'un réseau d'informateurs en Syrie.

Les combattants affrontent les troupes gouvernementales depuis des semaines dans la zone entourant la prison dans une tentative d'en libérer les détenus. Plus tôt ce mois-ci, les rebelles s'étaient emparés des locaux des forces antiterroristes du régime, situés non loin de l'établissement carcéral.

Aux environs de midi mercredi, le ministre des Communications a déclaré que le service Internet avait été rétabli au pays, après une panne de quelque huit heures. Le ministère a soutenu qu'un câble avait été rompu à la suite d'un bombardement des rebelles à environ 60 kilomètres au nord de Damas, sans toutefois divulguer davantage de détails.

Plus tôt en journée, les Syriens et une compagnie américaine de monitorage avaient fait savoir que la Syrie était aux prises avec une interruption nationale d'Internet pour la deuxième fois en une semaine.

Les sites du gouvernement syrien, incluant celui de l'agence de presse d'État (SANA), semblent également hors ligne. Cependant, la SANA a rapporté sur son fil Twitter un problème technique, déclarant que du travail était effectué pour rétablir le service le plus rapidement possible, sans élaborer d'avantage.

Par le passé, les autorités syriennes ont déjà coupé les lignes téléphoniques et les services Internet dans des régions sélectionnées pour nuire aux communications des rebelles alors que les forces du régime menaient d'importantes opérations.

Néanmoins, des interruptions si vastes ont été rares et les raisons derrières celle du 7 mai ne sont toujours pas éclaircies.

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