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RCA: une responsable de l'ONU recommande des sanctions contre le Séléka

15/05/2013 03:40 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité devrait imposer des sanctions ciblées aux groupes armés qui sèment le chaos et violent les droits de l'homme en République centrafricaine, et en premier lieu la coalition Séléka, a estimé mercredi un haut responsable de l'ONU.

"Les exactions commises par les combattants du Séléka et d'autres éléments armés, y compris des viols, des mutilations, des mariages forcés et des recrutements d'enfants, suscitent une grave inquiétude", a déclaré devant le Conseil la représentante spéciale de l'ONU en RCA Margaret Vogt.

"Il est temps pour le Conseil d'envisager d'imposer des sanctions individuelles contre les organisateurs et les responsables de ces violations flagrantes", a-t-elle ajouté. Elle a souligné que "les dirigeants (du Séléka) ne pouvaient pas ou ne voulaient pas contrôler les membres des milices ou les commandants locaux".

En conséquence, a-t-elle ajouté, le pays connait "une situation d'anarchie et de mépris total pour les lois internationales". Ainsi, a-t-elle souligné, les actes de violence contre les personnes, dues pour 60% aux groupes armés, ont "augmenté de manière dramatique" pendant les trois premiers mois de l'année.

"Il est de notoriété publique, a-t-elle aussi noté, que l'exploitation sauvage des ressources en or et diamants de la RCA a augmenté de manière exponentielle dans les zones controlées par le Séléka".

Ce chaos a aggravé une situation humanitaire déjà difficile, a souligné Mme Vogt, qui a déploré que l'appel de fonds de 129 millions de dollars lancé par l'ONU pour la RCA n'ait été couvert qu'à 29% à la date du 10 mai.

Pour elle, restaurer la stabilité implique de "déployer une force de sécurité neutre (..) qui imposerait aux éléments rebelles de se conformer" aux dispositions de l'accord de Libreville, qui prévoit le désarmement et le cantonnement des ex-combattants.

Au cours du même débat, le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a renouvelé sa demande d'une intervention des forces françaises pour sécuriser Bangui et désarmer les ex-combattants du Séléka et de l'armée centrafricaine.

Il a aussi demandé à l'ONU de "désigner un rapporteur spécial" sur les droits de l'homme en RCA et "d'aider à ouvrir des couloirs humanitaires" afin de porter secours aux personnes déplacées.

avz/rap

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