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Le Canada préside désormais le Conseil de l'Arctique, avec son ordre du jour

15/05/2013 04:27 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

KIRUNA, Suède - Le Canada assure maintenant la présidence d'un Conseil de l'Arctique élargi, entamant un mandat de deux ans en tant que leader d'un groupe de huit nations réparties autour du Pôle Nord, qui représente le principal forum pour les questions nordiques.

La ministre canadienne Leona Aglukkaq, qui est maintenant présidente du conseil, a déclaré mercredi en Suède que le Canada, avec l'aide de ses partenaires de l'Arctique, se concentrerait sur le développement économique et durable des communautés de la région.

«Le temps est venu de nous intéresser à l'Arctique, de développer son énorme potentiel, et d'exploiter les opportunités qu'il nous offre», a-t-elle indiqué.

Mme Aglukkaq, une Inuite qui est notamment ministre de l'Agence canadienne de développement économique du Nord, travaillera avec un groupe plus important de pays intéressés par un Nord riche en ressources de plus en plus accessibles.

Lors de la réunion de mercredi à Kiruna, en Suède, le conseil a augmenté le nombre de pays pouvant surveiller les discussions. Ainsi, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l'Inde et l'Italie ont tous reçu le statut d'observateur, après l'avoir réclamé pendant des années.

L'Union européenne (UE), qui exigeait le même statut, a toutefois essuyé un refus en raison des inquiétudes du Canada concernant les effets sur les communautés nordiques de l'embargo européen sur l'importation de produits du phoque.

«Nous allons continuer de travailler avec l'UE sur cette question spécifique», a précisé Mme Aglukkaq.

Toutes les organisations non-gouvernementales réclamant un statut d'observateur, y compris des groupes de l'industrie de l'énergie et des organisations environnementales comme Greenpeace, ont été refoulées au portillon.

Le conseil compte désormais onze nations dotées du statut d'observateur; il y a également neuf observateurs «intergouvernementaux», ainsi que 11 observateurs non-gouvernementaux.

Pollution pétrolière

Le conseil a par ailleurs adopté mercredi une entente sur la préparation en cas de pollution pétrolière marine — le deuxième traité juridiquement contraignant négocié par le conseil, et un signe de son importance diplomatique croissante.

L'ordre du jour canadien a également été accepté; il promet de concentrer les discussions autour des habitants du Nord, et de favoriser les entreprises écoresponsables et le développement durable des ressources.

Mme Aglukkaq a déjà décrit sa proposition de forum des affaires de l'Arctique comme un mélange de foire commerciale et de conférence où les entreprises peuvent échanger des idées et leurs meilleures pratiques. Mercredi, elle a suggéré que ce forum pourrait également s'attaquer à la question des normes environnementales lorsqu'il est question d'entreprises faisant affaire dans plus d'un pays de l'Arctique.

Un groupe de 42 leaders autochtones et d'organisations — dont deux des six participants permanents au conseil — ont fait part de leurs inquiétudes quant à cet ordre du jour. Plus tôt cette semaine, ce groupe a publié une pétition appelant à l'adoption de normes plus strictes en matière de développement industriel.

Greenpeace, quant à lui, affirme s'être adressé à la délégation ministérielle réunie à Kiruna et avoir lancé une campagne de sensibilisation internationale visant à inciter le gouvernement canadien à placer «les intérêts de l'humanité et de l'environnement au-dessus de ceux des compagnies pétrolières».

«Nous ne laisserons pas le gouvernement Harper utiliser le Conseil de l'Arctique à sa guise pendant deux ans et planifier la destruction de l'environnement arctique», a déclaré par voie de communiqué Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie et Arctique de Greenpeace Canada.

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