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Égypte: les magistrats se retirent des négociations sur la réforme judiciaire

15/05/2013 03:57 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le plus haut conseil des magistrats d'Égypte a décidé de suspendre, mercredi, sa participation à la conférence sur la réforme judiciaire du gouvernement, à la suite d'une nouvelle pression des parlementaires en faveur d'un projet de loi controversé qui forcerait des milliers de juges à prendre leur retraite.

La déclaration du Conseil suprême de la justice ne devrait qu'aggraver la tension déjà existante entre l'appareil judiciaire du pays et le président Mohammed Morsi et ses alliés. Les partisans du président arguent que la justice égyptienne est remplie de supporters de l'ancien régime d'Hosni Moubarak, et les accusent d'avoir voulu nuire à la transition démocratique et à la montée en puissance des islamistes dans le pays.

Plusieurs juges sont d'accord avec la nécessité d'une réforme de l'appareil judiciaire, mais refusent de voir l'exécutif ou le législatif s'en charger. Ils affirment que le président Morsi a essayé, dans une tentative de les contrôler, de s'ingérer dans la pratique de leur exercice et de miner leur indépendance.

Le projet de loi a déclenché une vague de protestations le mois dernier, alors que la clause la plus controversée prévoit l'abaissement de l'âge de la retraite des juges, qui passerait ainsi de 70 à 60 ans. Une telle mesure toucherait toutefois près du quart des 13 000 magistrats d'Égypte et autres membres du corps judiciaire, incluant ceux de la Cour suprême constitutionnelle du pays.

Tentant de se rallier les juges, le président Morsi avait suggéré la tenue d'une «conférence de la justice», au cours de laquelle les juges soumettraient des propositions de réforme de l'appareil judiciaire. Le projet de loi incluant l'âge de la retraite n'a pas été abordé pendant un mois. Les magistrats avaient par ailleurs soutenu que le président Morsi les avait assurés que leurs suggestions d'amendements au projet de loi seraient présentées au Parlement.

Or, la controverse a repris de plus belle mercredi, alors que les parlementaires avaient établi, la veille, que le débat entourant cette question débuterait le 25 mai.

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