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Corée du Nord: l'Américain détenu débute sa sentence dans une «prison spéciale»

15/05/2013 12:53 EDT | Actualisé 15/07/2013 05:12 EDT

PYONGYANG, Corée du Nord - Un citoyen américain condamné à 15 ans de travaux forcés en Corée du Nord pour ce que Pyongyang a décrit comme étant des gestes «hostiles» posés à l'endroit du régime a commencé à purger sa peine dans une «prison spéciale».

Kenneth Bae est entré en prison mardi, selon une courte dépêche de l'agence de nouvelles officielle du pays, qui n'a pas donné plus de détails au sujet de l'Américain, arrêté en novembre et accusé par le régime de vouloir établir une cellule d'opposition au régime.

Deux experts sud-coréens de la loi nord-coréenne ont dit ne pas savoir ce qu'était une «prison spéciale».

Un universitaire nord-coréen a indiqué à l'Associated Press plus tôt cette semaine que M. Bae avait dit à sa famille lors d'une conversation téléphonique qu'il ne pouvait pas faire appel de sa peine, prononcée le 30 avril, et qu'elle devrait plutôt faire pression sur Washington pour demander son amnistie. Il a dit obtenir ces détails en utilisant de l'information fournie par son gouvernement.

M. Bae n'a toutefois pas communiqué directement.

Originaire de l'État de Washington, M. Bae vivait en Chine et se rendait fréquemment en Corée du Nord où il travaillait en tant qu'organisateur de voyages et nourrissait des orphelins, selon ses amis.

La Corée du Nord a récemment publié plusieurs communiqués à son sujet, ce qui fait croire à des analystes que le régime pourrait se servir du prisonnier pour obtenir des concessions diplomatiques dans l'impasse au sujet de son programme d'armes nucléaires.

Pyongyang a nié cette suggestion.

Les informations au sujet de M. Bae surviennent au moment où les tensions diminuent dans la péninsule coréenne et que de petits signaux d'intérêt dans la diplomatie sont perceptibles.

Au moins cinq autres Américains ont été détenus en Corée du Nord depuis 2009. Les autres ont fini par quitter le pays sans purger leur peine, certains après la venue au pays d'émissaires de marque comme les anciens présidents Bill Clinton et Jimmy Carter.

En vertu de la constitution du pays, le leader Kim Jong-un peut accorder des pardons spéciaux.

Washington a appelé à la libération de M. Bae, mais il n'y a eu aucun signe jusqu'à maintenant qu'un émissaire de marque serait sur le point de se rendre en Corée du Nord.

Le groupe Amnistie internationale a dénoncé que M. Bae n'ait pu être accompagné par un avocat dans les procédures, mais Pyongyang soutient qu'il a confessé et ne voulait pas d'avocat.

L'ancien joueur étoile de la NBA Dennis Rodman a tenté d'utiliser son amitié avec le dirigeant nord-coréen pour demander la libération de M. Bae via son compte Twitter.

M. Rodman a visité la Corée du Nord en février et s'est apparemment lié d'amitié avec Kim Jong-un, qui serait un grand fan de basketball. Il a dit qu'il retournerait au pays en août pour y prendre des vacances.

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