NOUVELLES

Rubygate: six ans de prison requis contre Silvio Berlusconi‎

13/05/2013 12:03 EDT | Actualisé 13/05/2013 12:05 EDT
Getty Images
Former Italian prime minister Silvio Berlusconi gives a press conference at the Quirinale presidential palace on April 23, 2013 in Rome after talks with Italian President Giorgio Napolitano. Napolitano today held a round of consultations with political leaders following his re-election in a new bid to end a two-month deadlock on forming a government.AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI (Photo credit should read ALBERTO PIZZOLI/AFP/Getty Images)

ROME (AFP) - Une peine de six ans de prison a été requise lundi contre l'ex-Premier ministre italien Silvio Berlusconi, jugé à Milan dans le procès Rubygate pour prostitution de mineure et abus de pouvoir.

"Nous demandons une peine de base de 5 ans pour le premier chef d'accusation (NDLR: abus de pouvoir), augmentée à 6 ans pour le deuxième (NDLR: prostitution)", a déclaré le procvureur, Mme Ilda Boccassini, qui a aussi demandé que le Cavaliere soit interdit à vie d'exercer toute fonction publique.

"Un système de prostitution mis en place pour satisfaire Berlusconi" : la procureure a détaillé lundi ses accusations à l'encontre du Cavaliere, jugé à Milan pour avoir rémunéré Ruby, une mineure marocaine, en échange de prestations sexuelles et fait pression en vue de la faire libérer après un vol.

"Les jeunes femmes invitées dans la résidence privée de celui qui était alors chef du gouvernement faisaient partie d'un système de prostitution mis en place pour la satisfaction sexuelle personnelle de l'accusé Silvio Berlusconi", a déclaré Ilda Boccassini, dans un réquisitoire de plusieurs heures dont la bande son est diffusée en direct sur la chaîne de télévision Sky TG24.

M. Berlusconi est jugé depuis avril 2011 pour avoir versé de l'argent, entre janvier et mai 2010, contre une dizaine de prestations sexuelles à Karima El Mahroug, alias "Ruby la voleuse de coeurs", mineure à l'époque, et pour avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin de la faire libérer après son interpellation pour un vol.

L'audience de lundi,qui se poursuivait peu avant 12H00 GMT, est l'une des dernières dans ce procès portant sur des soirées osées, appelées "bunga bunga", organisées dans les résidences privées de M. Berlusconi.

Tant le magnat qui dénonce des juges "politisés" que Ruby affirment ne jamais avoir eu de relations sexuelles. Dimanche, l'une de ses chaînes de télévision, Canale 5, a diffusé une longue émission spéciale intitulée "La guerre de 20 ans : Ruby, dernier acte", où le Cavaliere et la jeune fille ont parlé de soirées "complètement normales".

Le jugement est attendu vers la fin du mois.

Dans son réquisitoire, la procureure a expliqué que Ruby, comme la plupart des autres jeunes filles qui participaient aux soirées chez le Cavaliere, cultivaient "un rêve italien négatif", attendant du magnat "de l'argent facile et la possibilité de travailler dans le monde du spectacle".

Mme Boccassini s'en est prise au passage à Ruby, l'accusant d'avoir joué la victime de conditions de vie misérables et d'un père qui la maltraitait. Pour la procureure, ses parents sont des personnes "très dignes qui élevaient comme ils le pouvaient" une jeune fille rebelle et fugueuse.

Après être devenue "la favorite", Ruby "recevait directement de Silvio Berlusconi ce dont elle avait besoin pour vivre, en échange des soirées à Arcore", a encore indiqué la procureure.

Pour Mme Boccassini, selon laquelle la jeune Marocaine a dormi plusieurs nuits à Arcore, "il n'y a pas de doutes que Ruby se prostituait", compte tenu de "l'argent dont elle disposait en grande quantité".

Elle a aussi souligné le rôle de l'ex-conseillère régionale Nicole Minetti dans un "système de prostitution" au profit de M. Berlusconi, alors qu'elle savait que la jeune fille était mineure.

La procureure a par ailleurs dénoncé les pressions exercées par M. Berlusconi pour faire libérer Ruby après son interpellation pour un vol dans la nuit du 27 au 28 mai 2010. "J'ai pu démontrer au-delà de tout doute raisonnable que, cette nuit-là, les fonctionnaires de la préfecture remirent en liberté la mineure suite à une intercession du président (du Conseil)", a-t-elle dit.

Selon elle, les fonctionnaires de la préfecture savaient que l'histoire racontée par l'entourage de M. Berlusconi sur Ruby, "nièce du président égyptien (de l'époque, ndlr) Hosni Moubarak", était "un gros mensonge".

Pour confirmer ses dires, Mme Boccassini, bête noire du Cavaliere pour avoir aussi été son accusatrice dans d'autres procès, a cité des dizaines d'appels téléphoniques, de SMS et la position des téléphones portables des témoins.

Les ennuis judiciaires de M. Berlusconi, condamné la semaine dernière en appel à un an de prison (en fait quatre ans dont trois s'étant soldés par une amnistie) pour fraude fiscale dans le procès Mediaset, ont provoqué des remous dans le gouvernement d'Enrico Letta, qui est le premier à unir gauche et droite depuis la Seconde Guerre mondiale.

Au cours d'une retraite organisée en Toscane pour renforcer la cohésion du gouvernement, M. Letta a jugé "inacceptable" la participation de certains de ses ministres à une manifestation samedi à Brescia pour soutenir M. Berlusconi et dénoncer une magistrature "politisée".

INOLTRE SU HUFFPOST

ベルルスコーニ首相 辞任