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Le PLQ va bouder la commission sur les manifestations sur le Printemps érable

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AFP

QUÉBEC _ À l'instar des syndicats représentant les policiers, le Parti libéral du Québec (PLQ) va boycotter la Commission spéciale d'examen sur les manifestations du printemps 2012.

Au pouvoir au moment de la crise, le PLQ ne va pas aller se compromettre devant cette "mascarade de haut calibre" dont la finalité est de "manger du libéral", a indiqué lundi le porte-parole de l'aile parlementaire libérale, Charles Robert.

En vertu du mandat conféré par le gouvernement péquiste, la Commission "rencontrera les intervenants qu'elle estime nécessaires" afin, notamment, "d'identifier les facteurs ayant contribué à la détérioration du climat social" avant la crise.

La Commission n'a pas le pouvoir de contraindre quiconque à se présenter devant elle mais les organisations et les individus qui souhaitent soumettre des faits seront invités à le faire préalablement par écrit. Un site Internet consacré à la Commission sera rendu disponible le 1er juin pour expliquer la marche à suivre.

L'opposition libérale s'est braquée contre la Commission présidée par le criminaliste et ancien ministre péquiste Serge Ménard dès que sa création a été annoncée la semaine dernière par le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron. En ce sens, la décision du PLQ de ne pas demander à témoigner était prévisible.

Selon le député libéral Robert Poëti, la seule présence de l'ancienne présidente de la CSN Claudette Carbonneau parmi les commissaires _ aux côtés de M. Ménard et de l'ex-juge Bernard Grenier _ suffit à discréditer complètement l'exercice.

"Elle est membre du Conseil de la souveraineté depuis 2012, elle s'est exprimée largement durant les manifestations et d'une façon très négative face aux policiers, elle s'est exprimée contre le travail policier", a fait valoir M. Poëti.

Compte tenu du rôle que la CSN et les autres centrales syndicales ont joué en faveur des manifestants pendant le printemps érable, l'ancienne présidente de la centrale ne peut pas siéger en toute sérénité au sein de cette commission, croit le député.

Les syndicats "ont financé les manifestations, les organisations étudiantes, des employés de la CSN ont travaillé durant la crise pour alimenter les manifestations", a-t-il relaté.

Le déroulement à huis clos des travaux de la Commission est tout aussi inacceptable aux yeux du député de Marguerite-Bourgeoys et ancien policier. L'exercice, à son avis, se résumera à une longue litanie de plaintes contre la police derrière des portes closes, au mépris de la démocratie.

"J'aimerais que les citoyens du Québec entendent et voient les gens qui viennent se plaindre. Mon impression, c'est qu'il va y avoir beaucoup plus de gens qui vont venir se plaindre que de gens qui vont dire qu'ils sont contents. Quand ce gouvernement promet qu'il sera transparent, voici un bel exemple du contraire. La démocratie, pour moi, ça se fait en public", a-t-il dit.

La Commission spéciale d'examen n'a pas encore entamé ses travaux mais déjà, les grands syndicats de policiers ont fait savoir qu'ils bouderont la tribune.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal et la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec ont dressé ces derniers jours une longue liste de griefs contre cette commission: la présence de Mme Carbonneau parmi les commissaires, ses travaux à huis clos et son parti pris allégué contre la police.

Conformément à son mandat, la Commission analysera en outre "les techniques utilisées par les forces policières" pendant les manifestations, de même que "les méthodes employées" par "des agitateurs".

Elle devra rendre son rapport au plus tard le 20 décembre 2013.

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