POLITIQUE

Daniel Paillé souhaite une entente électorale entre souverainistes

13/05/2013 02:33 EDT | Actualisé 13/07/2013 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a plaidé lundi pour que les partis souverainistes concluent une entente électorale en vue de la formation d'un gouvernement majoritaire à Québec au prochain scrutin.

M. Paillé a refusé d'élaborer sur la formule qui devrait être retenue par le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) ou Option nationale (ON).

«Ce n'est pas à moi de déterminer sur la scène électorale québécoise de quelle manière ces gens pourraient s'entendre, a-t-il dit en entrevue. C'est sûr que je souhaite qu'il y ait une façon qui appartient aux partis politiques québécois de faire en sorte que l'on ait ce gouvernement souverainiste majoritaire.»

M. Paillé a évoqué des investitures multipartites à l'intérieur de chacune des circonscriptions, des comtés qui pourraient être libérés sur la base de sondages ou même un gouvernement de coalition, de manière à favoriser l'élection d'un gouvernement qui détiendrait la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.

En fin de semaine, la première ministre Pauline Marois a évoqué le sabordage du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), en 1968, au profit du Parti québécois.

Mme Marois, qui dirige un gouvernement minoritaire depuis septembre, a affirmé que l'histoire méritait de se répéter, ce qui a fait bondir ses adversaires souverainistes d'ON et de QS.

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Paillé a affirmé que le contexte actuel est bien différent de celui qui a mené le RIN à se saborder.

«Après la fondation du PQ, si ma mémoire est bonne, déjà plus de la moitié des membres du RIN avaient adhéré au PQ, a-t-il dit. La force était déjà là. (...) Actuellement, quelle est la tendance? Le PQ semble avoir énormément de membres, et QS aussi et ON aussi.»

Le chef souverainiste, qui constate que plusieurs jeunes militants du Bloc sont aussi membres d'ON, a affirmé que le résultat de la prochaine élection québécoise sera déterminant pour l'avenir de son propre parti.

«Je souhaite qu'il y ait un ré-appel référendaire et ça passe par l'élection d'un gouvernement souverainiste majoritaire», a-t-il dit.

Selon M. Paillé, le Parti québécois demeure le mieux placé pour former un gouvernement majoritaire et amorcer une démarche référendaire, mais il croit qu'une entente électorale avec QS et ON est souhaitable pour y parvenir.

«Aujourd'hui, quand on regarde la donne politique qu'on a, c'est un gouvernement du PQ que l'on souhaite majoritaire», a-t-il dit.

Un porte-parole du ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, a affirmé que le gouvernement exclut toute autre option qu'un ralliement des souverainistes autour du PQ.

«La prochaine étape pour notre pays c'est de se donner une majorité de députés souverainistes à l'Assemblée nationale et ce qu'on a dit c'est que ça passe par un ralliement autour du PQ», a dit l'attaché de presse Jean Briand.

Le chef d'ON, Jean-Martin Aussant, a affirmé que son parti est le seul qui est ouvert aux alliances proposées par M. Paillé.

Selon M. Aussant, le message du chef bloquiste s'adresse à Mme Marois, qui a fermé la porte, tout comme QS.

«C'est un message à Mme Marois qui s'est refermée sur les intérêts de son parti», a-t-il dit.

M. Aussant a exclu tout sabordage au profit du PQ, jugeant que le message péquiste sur la souveraineté est trop flou.

La députée de Québec solidaire Françoise David a déclaré que son parti a définitivement rejeté les ententes électorales, lors de son récent congrès.

Excluant tout sabordage, Mme David a estimé que la seule façon d'unir les souverainistes serait par un mode de scrutin proportionnel qui favoriserait la composition d'un gouvernement de coalition.

«C'est hors de question, a-t-elle dit. Je pense qu'il serait plus sage d'entendre Mme Marois nous parler de sa vision d'un Québec souverainiste et progressiste et tout aussi sage de remettre sur la table un projet de mode de scrutin proportionnel.»

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