NOUVELLES

Un engagement militaire des Etats-Unis en Syrie serait "une erreur" (Robert Gates)

12/05/2013 12:05 EDT | Actualisé 12/07/2013 05:12 EDT

Un engagement militaire des Etats-Unis en Syrie serait "une erreur" car son issue est imprévisible, a estimé dimanche l'ancien secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

Dans un entretien à la chaîne CBS, M. Gates a aussi affirmé qu'il ne voyait pas de "bons résultats" sortir des discussions sur le programme nucléaire controversé de l'Iran, et qu'un retrait complet des Américains d'Afghanistan serait une "erreur désastreuse".

"J'ai pensé que c'était une erreur (d'intervenir) en Libye, et je pense que c'est une erreur (d'intervenir) en Syrie, même si si nous étions intervenus de manière plus significative il y a un an ou six mois. Nous surestimons notre capacité à en prévoir l'issue", a estimé M. Gates.

"La prudence, notamment en ce qui concerne l'armement de ces groupes et l'engagement militaire américain, est la règle", a-t-il affirmé.

"Si quelqu'un dit +ça va être propre, ça va être net, on peut établir des zones de sécurité et ce sera juste super+ Eh bien, la plupart des guerres ne se passent pas comme ça", a-t-il souligné.

Des élus ont pressé le président Barack Obama, qui cherche à construire un nouvel élan diplomatique pour résoudre le conflit, dans un effort conjoint avec la Russie, d'adopter une ligne plus dure contre le régime du président Bachar al-Assad, en autorisant la livraison d'armes aux rebelles ou en instaurant une zone d'exclusion aérienne.

M. Gates, qui a travaillé pour l'ancien président George W. Bush et pour l'actuel président, était secrétaire à la Défense en 2011 quand Washington a rejoint l'opération aérienne de l'Otan en Libye qui a aidé les rebelles à renverser le dirigeant libyen Mouammar Khadafi.

Sur l'Iran, le mieux que Washington puisse espérer est que les sanctions atteignent suffisamment le régime pour que ce dernier change d'avis, selon M. Gates. "Il n'y a pas vraiment de bons résultats, à moins que les sanctions commencent finalement à atteindre suffisamment (le régime) pour qu'il considère que sa propre survie est en jeu".

Quant à l'Afghanistan, l'ancien officier du renseignement américain, qui a contribué à superviser l'aide américaine aux rebelles afghans contre l'Union soviétique dans les années 1980, a estimé qu'une force américaine résiduelle devrait rester dans le pays après le départ des Etats-Unis en 2014.

"Quitter l'Afghanistan tel quel en 2014 et l'abandonner comme l'ont fait les soviétiques serait une erreur désastreuse", selon lui.

jm-are/ff

PLUS:afp