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Vatican: le pape François défend fermement l'embryon et la «sacralité de la vie»

12/05/2013 04:08 EDT | Actualisé 12/07/2013 05:12 EDT
Getty Images
VATICAN CITY, VATICAN - MARCH 24: Pope Francis kisses 8-month-old Victoria Maria Marino from Sicily after delivering his blessing to the palms and to the faithful gathered in St. Peter's Square during Palm Sunday Mass on March 24, 2013 in Vatican City, Vatican. Pope Francis lead his first mass of Holy Week as pontiff by celebrating Palm Sunday in front of thousands of faithful and clergy. The pope's first holy week will also incorporate him washing the feet of prisoners in a youth detention centre in Rome next Thursday, 28th March. (Photo by Dan Kitwood/Getty Images)

Le pape François a lancé dimanche un appel très ferme pour la défense "juridique de l'embryon" et "la sacralité de la vie", à l'issue de la première messe de canonisation de son pontificat qui l'a vu proclamer saints une Colombienne, une Mexicaine et 800 Italiens martyrisés pour avoir refusé d'embrasser l'islam.

François célébrait la messe devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblés par beau temps sur la place Saint-Pierre, dans une ambiance enthousiaste et fervente.

L'air grave, le pape argentin s'est exprimé pour la première fois, à l'occasion de la prière finale du "Regina Coeli", pour "la protection juridique de l'embryon", et donc contre l'avortement.

Une protection juridique doit être à même de "protéger tout être humain dès le premier instant de son existence", a-t-il martelé. Il apportait son soutien à une grande marche de 30 000 chrétiens "pro life" dans les rues de Rome au même moment.

Si les positions de l'ancien cardinal Jorge Bergoglio étaient bien connues en Argentine, il n'avait pas encore fait allusion aux thèmes sensibles de la "défense de la vie" qui opposent frontalement l'Eglise aux sociétés occidentales.

Le pape avait procédé dans la matinée aux canonisations annoncées en février par son prédécesseur Benoît XVI lors de son dernier consistoire de février.

Il a fait saint le modeste cordonnier Antonio Primaldo, et 800 autres hommes de la ville d'Otrante, à l'extrême sud de l'Italie, qui avaient été faits prisonniers en 1480 par les troupes du Sultan Mehmet II.

Priés de renier leur foi et d'embrasser l'islam s'ils voulaient avoir la vie sauve, ils avaient refusé, sous l'impulsion du courageux Primaldo. Ils avaient été décapités.

"Pendant que nous vénérons les martyrs d'Otrante, demandons à Dieu qu'il soutienne les nombreux chrétiens qui souffrent encore de violences et leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien", a plaidé le pape, faisant allusion aux nombreuses persécutions de chrétiens.

François n'a fait toutefois aucune mention de persécutions subies au nom de l'islam radical, quand des musulmans se convertissent aujourd'hui au christianisme.

Il y a un mois, le pape avait affirmé que l'Eglise d'aujourd'hui comptait plus de martyrs qu'aux premiers siècles du christianisme. Il avait dénoncé des expressions plus subtiles de contraintes anti-chrétiennes comme les limitations au port de la croix.

Des centaines de Colombiens et Mexicains avaient fait le voyage pour assister aux canonisations de deux femmes de leur pays par le premier pape latino-américain de l'Histoire.

Il s'agit de la toute première sainte colombienne, Laura de Santa Caterina da Siena Montoya y Upeguila, appelée communément "Madre Laura", et de la deuxième sainte mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala, surnommée "Madre Lupita".

Toutes deux sont fondatrices de congrégations féminines. Mortes au XXe siècle, elles se sont engagées dans l'aide aux pauvres, aux malades et aux peuples indigènes.

Le pape a rendu hommage à la manière qu'avait eu "Madre Laura" d'apporter la foi sans "s'opposer" aux cultures locales, mais en les "respectant".

Devant le président colombien Juan Manuel Santos, il a soutenu les efforts de réconciliation entre le gouvernement et la guérilla.

Implorant l'intercession de la nouvelle sainte mexicaine, François a demandé la fin de "la violence et l'insécurité" au Mexique, où le narcotrafic fait des milliers de victimes chaque année.

François a noté que "sans la charité, le martyr et la mission perdent leur saveur chrétienne". Improvisant, il a fustigé "l'embourgeoisement du coeur" qui "paralyse" de nombreux chrétiens.

Citant l'exemple de Madre Laura qui "se donnait totalement" aux indigènes et de Madre Lupita qui "se mettait à genoux devant les malades sur le pavé de l'hôpital pour les servir avec tendresse", il a ajouté: "il ne faut pas avoir honte, peur ou dégoût de toucher la chair du Christ!"

Dans la foule enthousiaste, certaines soeurs mexicaines portaient des sombreros. Beaucoup de familles étaient venues avec de jeunes enfants, espérant que le pape s'approcherait d'elles et les béniraient.

La piété populaire latino-américaine était de la partie: Maria Rosales Gómez, de Guadalajara, se disait convaincue que la sainte mexicaine a "fait un miracle" il y a 14 ans pour un de ses petits fils malade à la naissance et qui a survécu.

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