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Pakistan: Nawaz Sharif l'emporte et reprend le pouvoir après son exil

12/05/2013 04:26 EDT | Actualisé 11/07/2013 05:12 EDT

LAHORE, Pakistan - L'ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif semblait se réjouir, dimanche, de revenir au pouvoir après une victoire électorale sans équivoque — un mandat qui pourrait lui faciliter la tâche pour s'attaquer aux graves problèmes du pays, notamment le nombre croissant de pannes électriques, la faible croissance économique et des finances gouvernementales vacillantes.

Nawaz Sharif ne s'est toutefois pas prononcé sur la délicate question de l'extrémisme islamiste violent. Des détracteurs ont accusé son parti d'être mou par rapport aux radicaux puisqu'il ne s'en est pas pris aux groupes de militants dans son château-fort de la province du Punjab.

Cela pourrait représenter un problème pour les États-Unis, qui ont pressé le Pakistan depuis des années à agir plus fermement contre divers groupes, particulièrement les combattants préparant des attaques transfrontalières contre les troupes américaines en Afghanistan.

Alors que les résultats officieux continuaient d'être annoncés dimanche, au lendemain des élections, la télévision d'État a estimé que M. Sharif était près d'une majorité à l'Assemblée, nécessaire pour gouverner sans compromis lors des cinq prochaines années.

Si M. Sharif obtient effectivement une majorité, l'homme de 63 ans serait en meilleure position, avec sa Ligue-N musulmane pakistanaise, que le Parti du peuple pakistanais sortant, qui a dirigé le pays pendant cinq ans avec une coalition faible souvent au bord de l'effondrement.

Le Pakistan souffre d'une crise énergétique croissante, certaines régions subissant des interruptions de courant allant jusqu'à 18 heures par jour. Cela a sérieusement affecté l'économie, ramenant la croissance sous les 4 pour cent annuellement. Le pays a besoin du double pour offrir suffisamment d'emplois à sa population de 180 millions d'habitants.

Les talibans pakistanais, qui mènent une sanglante insurrection contre le gouvernement, ont tenté de faire dérailler les élections avec des attaques. Plus de 150 personnes ont été tuées dans les jours menant au scrutin, y compris 29 le jour du vote. La campagne de peur s'est cependant révélée inefficace pour empêcher les électeurs de se rendre aux urnes. Le taux de participation avoisinait les 60 pour cent, le meilleur résultat en 40 ans.

Nawaz Sharif avait été chassé du pouvoir par un coup d'État en 1999, mené par l'ancien chef de l'armée Pervez Musharraf. Il s'était alors exilé en Arabie saoudite jusqu'en 2007.

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