Commission Charbonneau : les médias contraints au silence

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Les internautes et les téléspectateurs qui suivent les audiences publiques de la commission Charbonneau en seront vraisemblablement quittes pour une déception cette semaine.

Le témoignage de Gilles Cloutier, qui se poursuivra lundi, sera frappé d'une ordonnance de non-publication au terme des trois contre-interrogatoires prévus en début de journée. L'ex-organisateur politique et ancien employé de la firme Roche sera alors interrogé sur l'opération Fiche, portant sur la Ville de Boisbriand.

Le témoignage du directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, qui lui succédera à la barre des témoins, risque fort d'être frappé lui aussi d'un interdit de publication, dans la foulée de l'opération policière visant l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Dans les heures qui ont suivi l'opération Honorer, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a en effet demandé que l'ensemble du témoignage de M. Turbide ne soit pas rapporté par les médias, afin de ne pas nuire à un éventuel procès devant jury des 37 individus arrêtés jeudi par l'UPAC, dont l'ex-maire Gilles Vaillancourt.

Les avocats des médias ont cependant contesté l'étendue de cette requête, de sorte que la commissaire France Charbonneau a pris l'affaire en délibéré. Sa décision devrait être rendue publique lundi.

Gaétan Turbide doit être suivi à la barre des témoins par son adjoint, Jean Roberge. Les deux hommes ont été suspendus de leurs fonctions lundi dernier par le conseil municipal de Laval, en raison des témoignages qu'ils s'apprêtent à présenter à la commission.

Gilles Cloutier contre-interrogé

Les audiences publiques de cette semaine s'ouvriront cependant avec la suite du contre-interrogatoire de Gilles Cloutier, ex-vice-président au développement des affaires de la firme de génie-conseil Roche.

Me Denis Houle, de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), et Me Michel Décary, du Parti libéral du Québec, ont déjà annoncé qu'ils auront des questions à poser au témoin.

L'avocat de l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, Eric Vallières, a pour sa part annoncé le 2 mai qu'il déposera une requête afin de pouvoir contre-interroger le témoin pendant 15 à 25 minutes.

« Je serai très sensible et certainement ouverte à ce que vous puissiez poser des questions », lui avait alors répondu la commissaire Charbonneau.

Gilles Cloutier a accusé Guy Chevrette d'avoir fait de « la magouille » en 2001 dans le dossier du prolongement de la route 125 entre Saint-Donat et Lac-Supérieur. Il allègue que le ministre lui a dit qu'il « aimerait » que Pavages Desjardins obtienne le contrat de construction dans ce dossier.

Selon lui, Roche a effectivement aidé une filiale de Pavages Desjardins, JL Campeau, à décrocher le contrat, en lui indiquant comment trafiquer son bordereau de soumission de manière à être le plus bas soumissionnaire conforme.

Gilles Cloutier dit avoir versé une somme de 25 000 $ à un ami de Guy Chevrette, Gilles Beaulieu, dans le cadre de ce contrat.

Guy Chevrette a soutenu que les affirmations de Gilles Cloutier à son endroit « sont totalement fausses et diffamatoires ».

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