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La jeune écrivaine Vickie Gendreau succombe à la tumeur cérébrale qui l'affligeait

11/05/2013 11:14 EDT | Actualisé 11/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La jeune écrivaine Vickie Gendreau s'est éteinte samedi matin à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal des suites d'une tumeur cérébrale, à l'âge de 24 ans.

L'auteure avait fait paraître aux éditions Le Quartanier en septembre dernier «Testament», un premier roman dans lequel elle racontait les circonstances entourant l'apparition de la tumeur et mettait en scène sa propre mort par une série de récits adressés à ses proches.

La maladie, diagnostiquée en juin 2012, aura été fulgurante.

Une lecture publique du second roman de Vickie Gendreau, «Drama Queens», avait été tenue le 30 avril à Montréal en présence de l'écrivaine, de sa famille ainsi que de nombreux lecteurs et amis. Le livre doit paraître chez Le Quartanier au printemps 2014.

Une adaptation théâtrale de «Testament», mise en scène par Éric Jean, est au programme du Théâtre de Quat'Sous pour mars 2014. Une traduction anglaise du roman est aussi en route.

En confirmant le décès de l'auteure, samedi, les éditions Le Quartanier ont affirmé que l'écrivaine laissait dans le deuil sa mère, Martine, de même que sa famille et ses amis proches, qu'elle «souhaitait remercier de tout coeur pour leur soutien constant depuis l'apparition de sa maladie».

En entrevue à La Presse Canadienne, l'auteur Mathieu Arsenault, qui a été ami de Mme Gendreau — et qui a fait l'annonce de son décès conjointement avec la maison d'éditions —, a dit l'avoir accompagnée depuis plusieurs mois.

«À la mi-février, on a appris que la tumeur était revenue, après une première apparition en juin, a-t-il relaté. Nous savions que si la rémission n'était pas longue, cela écourtait de beaucoup ses possibilités de prolonger [sa vie]. Nous savions aussi que la tumeur était inopérable; je crois qu'il y avait un pourcentage infime pour qu'elle vive plus de trois ans.»

Il a ajouté qu'en mars, après des soins de chimiothérapie, les médecins avaient décidé d'interrompre le traitement après avoir constaté l'absence d'améliorations.

«Ce qui est extraordinaire, c'est que ses amis ont pu organiser la lecture publique de 'Drama Queens' et, quatre jours après, elle a dû entrer d'urgence à l'hôpital.»

M. Arsenault affirme que la jeune auteure n'a jamais «vécu dans le déni», et ne s'est «jamais laissée abattre». «Je l'ai déjà vue désespérée, mais ça ne durait jamais longtemps», a-t-il fait valoir. L'écrivaine aurait également continué de travailler jusqu'à la fin.

M. Arsenault estime par ailleurs que Vickie Gendreau a vécu une dernière année «tellement intense» au niveau de la création.

«Elle est devenue une star de la littérature, une grande auteure. Il y avait pourtant peu de chances que cela se produise, parce qu'elle était brouillonne et n'avait pas une vie qui lui permettait de se concentrer et de finir de grands projets. Sa maladie lui a permis de se retirer du monde et d'écrire.»

L'auteur croit également que le plus important pour la jeune artiste était de «laisser un héritage».

«Je crois qu'elle était dans la meilleure situation pour entreprendre ce destin. Elle s'était préparée à [la maladie], et elle a été à la hauteur jusqu'à la fin. L'appui des autres a été tellement inspirant», a-t-il souligné.

Née à Montréal en 1989, Vickie Gendreau a travaillé comme danseuse nue d’octobre 2009 à juin 2012, date à laquelle on lui a diagnostiqué une tumeur au cerveau.

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