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Deux voitures piégées font 43 morts dans une ville turque près de la Syrie

11/05/2013 08:14 EDT | Actualisé 11/07/2013 05:12 EDT

ANKARA, Turquie - Lors de l'une des attaques les plus meurtrières à survenir en Turquie ces dernières années, deux voitures piégées ont explosé près de la frontière syrienne, samedi, tuant 43 personnes et en blessant 140 autres. Des responsables turcs ont associé l'attaque à un groupe lié à la Syrie, et un premier ministre adjoint a qualifié le service de renseignements et l'armée du pays voisin de «suspects habituels».

Les explosions, survenues à 15 minutes d'intervalle dans la rue la plus achalandée de la ville de Reyhanli, ont soulevé des inquiétudes quant à la possibilité que la Turquie puisse être de plus en plus entraînée dans la brutale guerre civile qui fait rage en Syrie. La ville est située juste à côté de la province syrienne d'Idlib.

La Turquie, qui héberge déjà l'opposition politique syrienne et des commandants rebelles, a offert un abri à des centaines de milliers de réfugiés et a, par le passé, riposté à des obus de mortier syriens tombés sur son territoire.

Selon le premier ministre adjoint Besir Atalay, les assaillants provenaient de Turquie, mais sont liés aux services de renseignements syriens.

Il a ajouté que le but de l'attaque était de monter les Turcs contre les réfugiés syriens présents à Reyhanli.

Plus tôt, un autre premier ministre adjoint, Bulent Arinc a précisé que les attaques faisaient toujours l'objet d'une enquête, mais que s'il était prouvé que la Syrie en était responsable, la Turquie ferait «tout ce qui est nécessaire», sans spécifier si cela inclurait des actions militaires.

L'une des voitures piégées a explosé à l'extérieur de l'hôtel de ville alors que l'autre a sauté à l'extérieur du bureau de poste. Reyhanli est un centre pour les réfugiés syriens et les rebelles de la province turque de Hatay. Selon la chaîne de télévision privée NTV, citant des sources de sécurité anonymes, les explosions étaient contrôlées à distance, et du plastic a été utilisé.

Les explosions sont survenues quelques jours avant que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan ne se rende aux États-Unis pour des discussions, qui devraient être dominées par la situation en Syrie. Les attentats font également suite à des allégations de M. Erdogan selon lesquelles le régime syrien a lancé environ 200 missiles armés de têtes contenant des armes chimiques.

La Syrie partage une frontière de plus de 800 kilomètres avec la Turquie, qui est un supporter important de la cause rebelle syrienne. Ankara a permis l'utilisation de son territoire comme base logistique et centre de transit pour les insurgés syriens.

Les attentats «augmenteront la pression sur le président américain, la semaine prochaine, pour démontrer son appui envers la Turquie lorsque M. Erdogan le visitera à Washington», a déclaré Soner Cagaptay, un expert de la Turquie au Washington Institute.

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