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Critique de « L'amour, la mort et le prêt-à-porter » : la chronologie du vêtement (PHOTOS/VIDÉO)

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Le Théâtre du Rideau-Vert boucle sa saison avec un amalgame de rires et de légèreté en mettant à l’affiche L’amour, la mort et le prêt-à-porter, écrite par la regrettée journaliste, scénariste, réalisatrice et écrivaine Nora Ephron, et sa sœur Delia, d’après le livre d’Ilene Beckerman.

Constituée d’une série de monologues entrecroisés, à l’image des Monologues du vagin, la pièce des sœurs Ephron place les vêtements au cœur de chacune des histoires. En faisant la démonstration que les bouts de tissus qui nous suivent au quotidien depuis le premier jour de notre vie sont intimement liés à nos souvenirs, nos choix et notre personnalité, L’amour, la mort et le prêt-à-porter décortique à peu près tout ce qui a déjà été porté par les femmes au cours des années 50, 60, 70, 80 et 90.

Tour à tour, il est question des souliers à talons hauts qui font souffrir, du choix de la robe de mariée, de la détestable sacoche remplie d’immondes surprises, de l’achat du premier soutien-gorge, de la robe de chambre post-opération, du syndrome des vêtements noirs, de la torture que représente trop souvent la salle d’essayage, de l’indécision perpétuelle face à ce qui se retrouve dans sa garde-robe, de la fois qu’une telle a porté ceci et de celle où l’autre à porter cela, etc. Chaque passage est parfaitement traduit et adapté par Danielle Lorain. On croirait que la pièce a été écrite pour le Québec, tant les références culturelles sont transposées avec habileté.

En contrepartie, l’histoire écrite par Nora et Delia Ephron se contente trop souvent de rester en surface. Parmi les moments de tendre nostalgie se trouve un ramassis d’idées entendues 1000 fois sur le rapport des femmes avec leurs vêtements. La thématique est universelle, les spectateurs réagissent à profusion, se reconnaissent et s’esclaffent à de nombreuses reprises, mais la pièce n’apporte rien de neuf sous le soleil.

La mise en scène n’ajoute pas la moindre trace d’originalité à l’ensemble : cinq chaises, cinq lutrins, cinq actrices, quelques interactions ici et là, le mur du fond rempli de mannequins sur lesquels sont projetées des images des vêtements évoqués tout au long de la pièce, et le tour est joué.

Qu’on le veuille ou non, L’amour, la mort et le prêt-à-porter s’adresse d’abord et avant tout aux femmes, et plus particulièrement aux femmes d’un certain âge. Chacun des monologues relate une anecdote associée à un vêtement féminin, porté par des femmes aujourd’hui âgées entre 40 et 70 ans. Même si les traits d’humour des sœurs Ephron risquent de capter l’intérêt de n’importe qui, on sent inévitablement un fossé se creuser si on a le malheur d’avoir moins de 40 et d’être un homme…

Les cinq actrices, Pierrette Robitaille, Valérie Blais, Geneviève Schmidt, Adèle Reinhardt et Tammy Verge sont toutes talentueuses, drôles, énergiques et attachantes, mais on quitte tout de même le Rideau-Vert avec l’impression que la pièce a duré une heure de plus que dans la réalité.

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