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09/05/2013 07:48 EDT | Actualisé 09/07/2013 05:12 EDT

Cleveland: sordides détails dans le rapport de police, la peine de mort possible

CLEVELAND - Un procureur de l'Ohio a déclaré jeudi qu'il pourrait demander la peine de mort contre Ariel Castro alors que les enquêteurs l'accusaient d'avoir mis enceinte l'une de ses victimes au moins cinq fois, avant de l'affamer et de lui donner des coups de poing dans le ventre jusqu'à ce qu'elle fasse des fausses couches.

Le procureur de comté de Cuyahoga, Timothy McGinty, a indiqué que des accusations d'homicides aggravés, qui sont passibles de la peine de mort, pourraient être déposées en lien avec les avortements forcés.

Castro, un ancien chauffeur d'autobus âgé de 52 ans, est détenu contre une caution de 8 millions $ dans un centre de détention, sous surveillance étroite en cas de risque de suicide. Il a été inculpé de viol et d'enlèvement pour avoir prétendument kidnappé trois femmes et les avoir emprisonnées dans sa maison pendant plus d'une décennie.

Un rapport de police obtenu jeudi par l'Associated Press donne des détails sordides sur la façon dont Castro menaçait, affamait et violait les femmes.

Le document contient le témoignage d'Amanda Berry, qui avait 16 ans lorsqu'elle est disparue en 2002. Elle a raconté aux policiers qu'elle avait été forcée d'accoucher dans une piscine en plastique pour enfants dans la maison, pour que le tout soit plus facile à nettoyer.

Mme Berry a ajouté que son enfant, les deux autres femmes et elle-même n'étaient jamais allées chez le médecin pendant toute leur captivité.

Michelle Knight, aujourd'hui âgée de 32 ans, a décrit comment ses cinq grossesses avaient pris fin après que Castro l'eut forcée à jeûner pendant au moins deux semaines, avant de «lui donner des coups de poing à répétition dans le ventre jusqu'à ce qu'elle fasse des fausses couches», est-il écrit dans le rapport.

Mme Knight a aussi expliqué comment Castro l'a forcée à aider Berry à accoucher, menaçant de la tuer si le bébé mourrait. Mme Knight a raconté que lorsque le bébé a arrêté de respirer, elle l'a réanimé en lui faisant le bouche-à-bouche.

Le procureur McGinty a souligné que Castro ferait face à des accusations pour chacun des actes de violence sexuelle, de voies de fait et chacun des autres crimes qu'il a commis contre les femmes, ce qui pourrait donner un total de centaines, ou même des milliers d'accusations.

Castro comparaît

Au tribunal jeudi, les autorités ont décrit avec plus de détails la cause contre Castro, expliquant qu'il avait enlevé les femmes en les faisant monter dans leur voiture, décrivant comment ils les avaient battues pendant une décennie et qu'il les utilisait pour assouvir tous ses besoins et de quelque façon qu'il jugeait appropriée, selon la description du procureur Brian Murphy.

Durant sa brève comparution, Castro a tenté de cacher son visage. Il a semblé fermer les yeux pendant l'audience et a signé avec maladresse les documents, menottes aux mains. Il n'a pas parlé ni inscrit un plaidoyer.

Kathleen DeMetz, l'avocate de l'aide juridique qui a été assignée à la défense de Castro, n'a pas commenté sur la culpabilité ou l'innocence de son client.

Castro est détenu depuis lundi, lorsque Mme Berry a réussi à s'enfuir de sa maison délabrée et à appeler le 9-1-1. Les policiers ont trouvé les deux autres femmes à l'intérieur.

Les femmes, qui sont aujourd'hui âgées dans la vingtaine et la jeune trentaine, avaient 14, 16 et 20 ans lorsqu'elles ont été enlevées séparément entre 2002 et 2004.

Les enquêteurs ont raconté que les femmes se souviennent d'être allées à l'extérieur qu'à deux reprises seulement en 10 ans et qu'elles étaient attachées avec des cordes et des chaînes.

Mme Berry, âgée de 27 ans, et la troisième otage, Gina DeJesus, âgée de 22 ans, sont rentrées chez leurs proches mercredi. Mme Knight, âgée de 32 ans, est dans un état satisfaisant dans un hôpital de Cleveland.

Les deux frères de Castro ont également été arrêtés mais il a plus tard été déterminé qu'ils n'avaient rien à voir avec l'affaire. Ils ont comparu pour des accusations qui n'étaient pas reliées et ont été relâchés. Ils ont quitté le tribunal sans parler aux journalistes.

Des soupçons

Jeudi, un musicien qui pratiquait souvent chez Ariel Castro a raconté que lorsqu'il y était la semaine dernière, il avait entendu des bruits «comme si quelqu'un frappait contre le mur». Lorsque Ricky Sanchez a demandé à Castro de quoi il s'agissait, il aurait mis la faute sur des chiens.

M. Sanchez a aussi raconté que Castro, un bassiste dans des groupes de salsa et de merengue, aimait faire jouer de la musique très fort, et qu'il y avait plusieurs verrous sur la porte extérieure dans sa maison. Il a aussi confié qu'à sa plus récente visite à la maison, une fillette était sortie de la cuisine, l'a dévisagé, puis est repartie sans rien dire.

Par ailleurs, la fille du suspect, Arlene Castro, a déclaré à l'émission de télévision «Good Morning America» qu'elle avait été gênée et dévastée d'apprendre que son père était soupçonné d'avoir enlevé son amie Georgina «Gina» DeJesus. Elle rentrait de l'école avec Mme DeJesus en avril 2004 juste avant que cette dernière ne disparaisse.

«Je voudrais dire que je suis tellement, tellement désolée», a-t-elle confié en larmes.

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