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09/05/2013 12:42 EDT | Actualisé 09/07/2013 05:12 EDT

L'ONU dénonce la ségrégation et la pauvreté à Jérusalem-Est

AFP

Les politiques de « ségrégation » exercées par les Israéliens à l'encontre des Palestiniens de Jérusalem-Est ont engendré une augmentation de la pauvreté dans ce secteur de la ville au cours des dernières années, selon ce que rapporte une étude de l'ONU publiée jeudi.

« L'économie de Jérusalem-Est n'est intégrée ni dans l'économie palestinienne, ni dans l'économie israélienne », explique ainsi la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED).

« La pauvreté ne cesse d'augmenter parmi la population palestinienne de Jérusalem depuis 10 ans, du fait que l'isolement de la ville par rapport au reste du territoire palestinien a continué de s'accroître depuis la deuxième Intifada et la construction du mur de séparation israélien », déplore-t-elle.

Selon les données recueillies par la CNUCED, 82 % des enfants palestiniens de Jérusalem-Est vivaient dans la pauvreté en 2010, comparativement à 45 % des enfants israéliens résidant à Jérusalem.

L'ONU estime que le mur de séparation israélien a fait perdre plus d'un milliard de dollars à l'économie de Jérusalem-Est depuis le début de sa construction en 2003. Et les effets néfastes sur le commerce et l'emploi continuent d'augmenter : les pertes sont estimées à environ 200 millions de dollars par an.

Par ailleurs, l'isolement du secteur ne constitue pas la seule cause de la pauvreté des Palestiniens, selon les économistes de l'agence onusienne.

Ils affirment que le statut juridique des Palestiniens habitant à Jérusalem-Est, qui est différent de celui des Israéliens, implique « une foule d'obstacles, en particulier en ce qui concerne le logement, l'emploi, la fiscalité ».

« Plusieurs actions peuvent aider à atténuer les effets des politiques de ségrégation », mais « les véritables conditions préalables au développement durable » des Palestiniens de Jérusalem-Est est sans aucun doute la « fin de la colonisation et de l'occupation » de ce secteur, estime l'ONU.

Depuis la guerre des Six Jours, en juin 1967, Israël considère Jérusalem comme sa capitale « unifiée et indivisible », mais la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion de la partie orientale de Jérusalem, à majorité arabe, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'État auquel ils aspirent.