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08/05/2013 11:05 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Naufrage de traversier en C.-B.: un rapport important absent des délibérations

VANCOUVER - Les jurés ont procédé mercredi à une deuxième journée de délibérations, à Vancouver, au procès d'un membre d'équipage du traversier «Queen of the North», sans toutefois avoir pu consulter un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada qui semble contredire certains témoignages.

En mars 2006, le traversier avait heurté une île avant de sombrer au large de la Colombie-Britannique. Deux passagers avaient été portés disparus, mais leurs dépouilles n'ont jamais été retrouvées.

Le rapport du BST a été déposé deux ans plus tard, en 2008. Or, ce genre de documents n'est que rarement admis dans les procès criminels, car ils s'appuient sur des éléments de preuve qui ne sont pas présentés en cour. Ce rapport impute l'accident du «Queen of the North» à une erreur humaine, et conclut que si le quatrième officier Karl Lilgert n'a pas effectué un changement de trajectoire nécessaire, c'est qu'il était distrait par plusieurs facteurs.

Accusé de négligence criminelle ayant causé la mort, l'officier Lilgert, responsable de la navigation, a plaidé non coupable en janvier.

Entre autres facteurs de distraction figure la conversation personnelle entre M. Lilgert et une autre employée, Karen Briker, avec qui il avait entretenu une liaison de plusieurs mois. Ils travaillaient ensemble pour une première fois depuis leur rupture au moment de l'accident.

Lors des audiences qui ont duré trois mois, le jury a entendu des dizaines de témoins dont des passagers, d'autres membres d'équipage, des membres de familles des deux victimes et M. Lilgert lui-même.

Pendant le procès, l'accusé a déclaré qu'il était occupé à diriger le navire et ordonner les changements de trajectoire à travers des eaux houleuses lorsque l'embarcation a heurté l'île. Le rapport du BST indique toutefois que M. Lilgert n'avait pas fait ses «devoirs de surveillance de base», pas plus qu'il n'avait ordonné le changement de trajectoire après avoir raté le tournant prévu.

L'agence y soutient également que le mauvais temps avait contribué à ce que ce tournant soit raté, mais que les eaux s'étaient calmées bien avant que le traversier ne heurte l'île Gil.

Les instructions de la juge Sunni Stromberg-Stein, de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, ont été livrées pendant près de deux jours aux jurés. La première session de délibérations a donc débuté vers 18 h 00, mardi, pour prendre fin environ quatre heures plus tard.

La Couronne a prétendu que le témoignage de Karl Lilgert avait été truffé de mensonges qui ont servi à masquer son inattention lors de l'accident.

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