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07/05/2013 09:17 EDT | Actualisé 07/07/2013 05:12 EDT

Le ministre libyen de la Défense ne démissionne plus, malgré les milices

TRIPOLI, Libye - Le ministre libyen de la Défense a annulé sa démission, annoncée quelques heures plus tôt dans la journée de mardi, à la demande du premier ministre Ali Zidan.

Mohammed al-Barghathi voulait quitter ses fonctions pour protester contre la démonstration de force des milices armées qui assiègent des édifices gouvernementaux pour faire avancer leurs demandes politiques.

Il avait d'abord déclaré aux journalistes, lors d'une conférence à Tripoli mardi, que sa démission survenait en réponse à ce qu'il a appelé un «assaut contre la démocratie et les élus». Selon lui, le comportement des milices complique encore davantage la difficile transition du pays vers la démocratie.

La semaine dernière, des miliciens armés ont pénétré dans des édifices gouvernementaux et en ont assiégé d'autres.

Les miliciens réclamaient l'adoption d'une loi interdisant aux anciens responsables du régime de Mouammar Kadhafi d'occuper des postes au sein du nouveau gouvernement.

Cette loi a été adoptée dimanche, mais les miliciens sont toujours présents. Ils exigent maintenant la démission du premier ministre Ali Zidan.

Le ministre de la Défense est lui-même un ancien fonctionnaire de Mouammar Kadhafi, qui s'est ensuite rebellé contre le régime lors de la guerre civile de 2011. Il pourrait être visé par la nouvelle loi, tout comme l'actuel président du Parlement, Mohammed el-Megarif.

Plusieurs milices proviennent des groupes rebelles qui ont combattu le dictateur déchu mais d'autres ont émergé depuis la fin de la guerre civile qui a duré huit mois.

Certaines milices sont accusées de violation des droits de la personne mais le gouvernement continue à dépendre fortement sur elles pour la sécurité du pays en l'absence de forces policières et militaires bien organisées.

Dans une précédente démonstration de violence, des hommes armés ont pris d'assaut l'agence d'électricité du pays et ont battu son directeur. L'attaque a forcé la fermeture de la société d'État parce que les employés ont refusé de continuer à y travailler sans que leur sécurité soit assurée.

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