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07/05/2013 03:11 EDT | Actualisé 06/07/2013 05:12 EDT

La Russie et les États-Unis organiseront une conférence internationale sur la Syrie

La Russie et les États-Unis se sont entendus pour organiser « au plus vite » une conférence internationale afin d'essayer de mettre fin à la guerre civile en Syrie.

C'est le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui en a fait l'annonce mardi à l'issue d'entretiens avec le secrétaire d'État américain, John Kerry.

« Nous nous sommes mis d'accord pour que la Russie et les États-Unis encouragent le gouvernement syrien et les groupes d'opposition à trouver une solution politique », a déclaré M. Lavrov.

John Kerry a précisé que l'objectif était que des représentants du régime de Bachar Al-Assad et des opposants prennent part à la conférence, qui pourrait avoir lieu avant la fin du mois de mai. Il a également indiqué qu'une solution politique négociée permettrait d'éviter le risque d'un éclatement du pays et pourrait peser sur une éventuelle décision américaine d'armer les insurgés.

Le secrétaire d'État américain a souligné que les discussions, plus tôt dans la journée, avec le président russe, Vladimir Poutine, avaient été « très productives, très chaleureuses et amicales » et qu'elles avaient « contribué de manière significative » à trouver une entente sur la question syrienne.

M. Lavrov a réaffirmé que le départ du président Assad, réclamé par plusieurs puissances occidentales, ne devait pas être une condition préalable pour des pourparlers de paix. Il a toutefois insisté sur le fait que la Russie ne l'encourageait pas à rester au pouvoir.

Des attentes élevées

Le secrétaire d'État américain s'était rendu à Moscou afin de tenter de s'entendre avec les dirigeants russes par rapport à l'attitude à adopter face à la Syrie.

« Nous croyons réellement [..] que nous partageons des intérêts communs très importants concernant la Syrie - la stabilité dans la région, ne pas avoir des extrémistes qui créent des problèmes dans la région et ailleurs [...] », a soutenu John Kerry avant son entretien avec Vladimir Poutine. Il a cité l'accord de Genève, entériné par la Russie et les États-Unis, qui prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition en Syrie.

Pour sa part, Vladimir Poutine, qui l'a fait patienter trois heures avant de le rencontrer, a indiqué qu'il avait hâte de travailler avec lui sur les défis contemporains.

Moscou, l'allié le plus puissant du régime du président syrien Bachar Al-Assad, a bloqué à plusieurs reprises des tentatives du Conseil de sécurité de l'ONU de faire pression sur la Syrie, en plus de continuer à lui vendre des armes.

Selon certaines sources, M. Kerry espérait changer l'attitude de Moscou en laissant entendre que les États-Unis envisagent sérieusement d'armer les insurgés syriens, en plus de leur rappeler que Bachar Al-Assad semble avoir utilisé des armes chimiques contre ses opposants.

Une frappe aérienne menée par Israël le 3 mai, et qui aurait coûté la vie à 42 soldats syriens, rend la situation encore plus pressante.

Des responsables du département d'État ont souligné qu'il serait également question d'aide humanitaire à la Syrie lors de la réunion.

Quelque 70 000 Syriens ont perdu la vie au cours des deux dernières années dans la guerre civile et plus de 1,4 million de personnes sont réfugiées dans les États voisins.

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