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07/05/2013 07:34 EDT | Actualisé 07/07/2013 05:12 EDT

L'efficacité du programme de travailleurs temporaires est mise en doute

Radio-Canada.ca

Le programme fédéral des travailleurs temporaires étrangers serait nuisible au marché du travail, selon une nouvelle étude de l'École des politiques publiques de l'Université de Calgary.

Les auteurs affirment que le Canada souffre, non pas d'un manque de travailleurs, mais d'une grave inadéquation entre les compétences de la manoeuvre disponible et les exigences du marché du travail.

Le chercheur principal et sociologue Kevin McQuillan explique qu'en septembre 2012, le Canada comptait cinq chômeurs par emploi disponible. L'Alberta avait deux chômeurs pour chaque emploi disponible.

Dans ces circonstances, M. McQuillan croit qu'il faudrait plutôt favoriser la migration interprovinciale pour régler le problème de la pénurie de main-d'œoeuvre au lieu de recruter des travailleurs temporaires à l'étranger.

Le sociologue recommande d'encourager les gens des régions à taux de chômage élevé à accepter des emplois disponibles dans d'autres endroits au Canada.

Ces conclusions contrastent avec les réactions de certaines entreprises, notamment dans le secteur de la construction, qui cherchent des employés et n'hésitent pas à souhaiter une main d'oeuvre temporaire recrutée à l'étranger.

Ces entreprises, qui doutent que la migration interne suffise à répondre à leurs besoins, sont préoccupées de la décision d'Ottawa de rendre plus difficile, et selon eux plus coûteux, le recours aux travailleurs étrangers temporaires.

« Il y a des emplois dans le secteur économique qui ne plaisent pas à des Canadiens ou pour lesquels il manque de Canadiens disponibles », explique Richard Truscott, directeur de section albertaine de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Selon M. Truscott, il est difficile d'attirer des travailleurs de l'est du pays en Alberta. La raison serait qu'en Alberta, le coût de la vie est élevé. En plus, des emplois peuvent être disponibles dans des secteurs comme celui de la restauration où les salaires sont faibles pour répondre aux besoins des employés.

Le programme ne devrait pas servir pour les postes peu qualifiés

Kevin McQuillan soutient quant à lui que le programme de travailleurs étrangers temporaires ne devrait pas être d'abord utilisé pour combler des postes peu qualifiés et peu payants.

En 2012, quelque 213 516 personnes sont arrivées au pays en vertu de ce programme, soit plus de trois fois qu'il y a une décennie.

Le rapport publié mardi admet qu'il existe des pénuries de main-d'oeuvre dans certains secteurs spécifiques et dans quelques régions, mais argue que les jeunes Canadiens doivent être encouragés à être formés et faire carrière dans les domaines où des emplois sont disponibles.