NOUVELLES

Syrie: le régime, et non les rebelles, aurait utilisé du sarin, disent les É.-U.

06/05/2013 06:32 EDT | Actualisé 06/07/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - La Maison-Blanche a affirmé lundi que le régime du président syrien Bachar el-Assad, et non les rebelles qui tentent de le chasser du pouvoir, aurait utilisé du gaz sarin lors d'affrontements, contredisant ainsi une responsable de l'ONU qui avait laissé entendre dimanche que les rebelles avait utilisé des armes chimiques.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a indiqué qu'il y avait des preuves que des armes chimiques auraient été utilisées, mais que les États-Unis étaient très sceptiques des déclarations alléguant que les rebelles s'en seraient servi.

L'ancienne procureure en chef de la Cour pénale internationale Carla del Ponte a indiqué à un média suisse, dans une entrevue diffusée dimanche soir, qu'il y avait des indications selon lesquelles les insurgés avaient recours au sarin, un agent neurotoxique, selon l'ONU.

Mme del Ponte est une des quatre membres de la commission onusienne indépendante qui examine les crimes de guerre et autres infractions qui auraient été commis en Syrie.

Elle affirme que sa commission dispose de preuves solides, mais non encore irréfutables, que du gaz sarin a été utilisé par les rebelles. Elle ne détient toutefois aucune preuve d'un recours au sarin par les forces gouvernementales.

Mme del Ponte a expliqué à la chaîne SRI que ces conclusions découlent d'entrevues avec des victimes, des médecins et les employés d'hôpitaux de campagne dans les pays voisins.

La commission dont elle fait partie a toutefois modéré ses propos lundi, faisant valoir dans un communiqué qu'«elle voulait clarifier qu'elle n'était pas arrivée à des résultats concluants sur l'utilisation d'armes chimiques par aucune des parties du conflit».

Par ailleurs, des rebelles syriens ont abattu un hélicoptère gouvernemental dans l'est du pays, tuant les huit personnes qui se trouvaient à bord. Les insurgés s'étaient emparés, la veille, d'une vaste base militaire dans le nord de la Syrie.

L'hélicoptère aurait été abattu dimanche soir dans la province orientale de Deir el-Zour, selon des images mises en ligne par l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

Lundi, les avions de chasse du régime pilonnaient les rebelles pour tenter de les chasser de la base militaire de Mannagh. La veille, les rebelles s'étaient emparés d'une unité de blindés à l'intérieur de la base, en plus de tuer le commandant des installations.

Enfin, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a quitté le pays lundi pour une visite en Chine, marquant un semblant de retour à la normale après que ses avions de combat ont frappé des cibles syriennes à deux reprises au cours des 48 heures précédentes. Les frappes visaient une cargaison de missiles téléguidés de fabrication iranienne qui devaient être envoyés au Hezbollah, au Liban.

Cette attaque, la deuxième en trois jours, et la troisième depuis le début de l'année, indique une escalade dans l'implication israélienne dans la guerre civile en Syrie. Les médias d'État syriens ont rapporté que les missiles israéliens avaient atteint un centre de recherche scientifique près de Damas, faisant des victimes.

PLUS:pc