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06/05/2013 11:42 EDT | Actualisé 06/07/2013 05:12 EDT

L'opposition anti-Poutine se rassemble par milliers à Moscou

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About 1000 Russian opposition supporters take part in a rally in Moscow on May 5, 2013 in memory of a bloody protest one year ago in which more than 400 were detained after showing their frustration with Vladimir Putin's return to the presidency . The 'Spring March of Freedom' was held almost a year to the day since Russian authorities deployed baton-wielding interior ministry troops to disperse a crowd of tens of thousands on the eve of Putin's May 7 swearing-in ceremony. AFP PHOTO/KIRILL KUDRYAVTSEV (Photo credit should read KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images)

Des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées lundi dans le centre de Moscou pour marquer l'anniversaire d'une manifestation marquée par des heurts avec la police à la veille du retour au Kremlin de Vladimir Poutine, selon l'un des organisateurs.

"Nous sommes des dizaines de milliers", a déclaré devant la foule l'opposant Boris Nemtsov, soulignant que la place Bolotnaïa, proche du Kremlin, était bondée. Selon la police toutefois, seules 6 000 personnes étaient réunies.

Le rassemblement a lieu sur la place Bolotnaïa, dans le centre de Moscou, là où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre l'investiture au Kremlin, le lendemain, de Vladimir Poutine pour un troisième mandat présidentiel.

Comme dimanche, où près d'un millier de personnes ont déjà manifesté à Moscou, les protestataires réclameront la libération des personnes détenues à la suite du rassemblement organisé il y a un an.

Une trentaine de policiers et des dizaines de manifestants avaient ce jour-là été blessés dans des affrontements dont le déclenchement reste controversé, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation.

Depuis, près d'une trentaine de personnes ont été inculpées d'organisation ou participation à des "troubles massifs" à l'ordre public -- délit passible de dix ans de camp -- parmi lesquelles le dirigeant du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, qui a pour interdiction de quitter son domicile, de téléphoner et de se connecter à Internet.

Les organisateurs de l'action de lundi espèrent réunir jusqu'à 30 000 personnes. Le Parquet de Moscou a prévenu qu'ils devaient respecter l'accord trouvé avec la mairie et organiser seulement un rassemblement sur la place et non une marche, comme le souhaitait à l'origine l'opposition.

Le libéral-nationaliste Alexeï Navalny, pourfendeur de la corruption, est notamment attendu.

Depuis la manifestation du 6 mai 2012, l'opposant a été visé par plusieurs enquêtes pénales dont l'une lui vaut actuellement d'être jugé pour "détournements de fonds", une affaire qu'il considère montée de toutes pièces pour "l'écarter de la scène politique".

Selon l'écrivain Boris Akounine, partisan de l'opposition, ce rassemblement est "la dernière chance" pour les Russes de montrer au Kremlin qu'ils sont en désaccord avec les politiques menées.

"Si peu de personnes viennent le 6 mai sur la place Bolotnaïa, alors le régime y verra une carte blanche de la part de la société: Mettez en prison tous ceux que vous voulez, nous ne sommes pas contre", a-t-il écrit sur son blogue.

L'opposition russe et des ONG dénoncent un tour de vis depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine, qui a mis un coup de frein à la contestation, alors que des protestations avaient réuni lors de l'hiver 2011-2012 jusqu'à 100 000 personnes.

La contestation contre le régime de M. Poutine, président de 2000 à 2008 et Premier ministre de 2008 à 2012 faute de pouvoir enchaîner un troisième mandat consécutif au Kremlin, avait commencé après des fraudes massives dénoncées par l'opposition aux législatives remportées par le parti au pouvoir fin 2011.

La tenue du rassemblement lundi a toutefois été assombrie par la mort d'un ouvrier qui installait la scène sur laquelle doivent s'exprimer les figures de l'opposition. Selon la police de Moscou, un haut-parleur est tombé sur lui.

"Cette situation est tout à fait inattendue et tragique. Les enquêteurs sont venus et ont commencé à travailler", a déclaré l'un des organisateurs du rassemblement, Alexandre Rykline à la radio Echo de Moscou.

De fait, les opposants étaient divisés lundi après-midi à l'idée d'organiser ce rassemblement sur la place Bolotnaïa.