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06/05/2013 08:08 EDT | Actualisé 06/07/2013 05:12 EDT

Le procès de la néonazie Beate Zshäpe est suspendu

Le procès très attendu de la militante néonazie Beate Zshäpe, seule survivante d'une cellule terroriste impliquée dans une dizaine de meurtres en Allemagne, a été suspendu le jour même de son ouverture, après que les avocats de la défense ont accusé le juge d'être partial.

Le juge Manfred Goetzl a déclaré qu'il se prononcerait le 14 mai sur les motions de la défense voulant qu'il se récuse.

Beate Zschäpe, aujourd'hui âgée de 38 ans, formait avec deux hommes une cellule terroriste accusée d'avoir tué une dizaine de personnes, dont 8 commerçants turcs, un Grec ainsi qu'une policière entre 2000 et 2007.

Près de 600 témoins doivent être entendus au cours de ce procès hautement médiatisé.

Quatre sympathisants du groupe qui comparaissent avec Beate Zshäpe sont soupçonnés d'avoir fourni une aide logistique à l'accusée et à ses deux ex-partenaires.

Une cellule clandestine très active

Ses deux acolytes, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, originaires de la région d'Iéna, en ex-RDA, s'étaient lancés avec elle dans l'action armée en 1998 en créant le groupe Clandestinité nationale-socialiste (Nationalsozialistischer Untergrund, NSU).

Pendant sept ans, les membres du groupe vont commettre des assassinats d'immigrants, deux attentats à la bombe dans des quartiers à forte population immigrée de Cologne, ainsi qu'une quinzaine de vols de banques.

Pendant toutes ces années, le groupe réussira malgré toutes ces actions à ne pas être découvert par la police allemande.

Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt se sont suicidés dans une caravane en novembre 2011 à la suite d'un braquage de banque manqué. Les policiers ont par la suite découvert dans la caravane incendiée l'arme qui a servi à commettre les dix meurtres.

Les enquêteurs ont également découvert un DVD dans lequel les deux hommes et Beate Zchäpe revendiquent leurs crimes.

Le 8 novembre 2011, Beate Zchäpe s'est livrée d'elle-même aux policiers au terme d'une cavale de quatre jours. Elle se terre depuis dans le silence.

Des ratés policiers préoccupants

Outre son aspect spectaculaire, cette affaire aussi fait beaucoup parler d'elle en raison de lacunes et de ratés inexplicables des enquêteurs de la police allemande et des services de renseignement.

Dans plusieurs cas, ce sont les familles qui avaient été accusées des meurtres des immigrants, et jamais la police n'a envisagé la thèse d'actes xénophobes.

Les renseignements intérieurs allemands ont aussi été accusés de négligences, voire de racisme, dans cette affaire. Des documents importants ont par exemple été détruits avant que l'enquête ne soit bouclée. Une commission d'enquête parlementaire a même été ouverte pour faire la lumière sur ces ratés.

En avril dernier, l'Allemagne a officiellement présenté des excuses à l'ONU pour les erreurs commises durant cette enquête.

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