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06/05/2013 09:31 EDT | Actualisé 06/07/2013 05:12 EDT

Italie : Giulio Andreotti meurt à l'âge de 94 ans

Pilier de la politique italienne de l'après-guerre, Giulio Andreotti est mort lundi à son domicile romain à l'âge de 94 ans.

Né le 14 janvier 1919 à Rome, Andreotti a été une figure emblématique de l'ancienne Démocratie chrétienne. Il a été président du Conseil à sept reprises.

M. Andreotti a récemment éprouvé des ennuis de santé. Il a notamment été hospitalisé pendant plusieurs jours pour une arythmie cardiaque en août 2012. 

Surnommé l'« inoxydable » en raison de sa longévité politique, M. Andreotti était sénateur à vie. Il participait ainsi aux travaux de la Chambre haute italienne. C'est ainsi que son absence au cours des derniers mois à des moments importants de la politique italienne, comme l'élection du président de la République et le vote de confiance envers le nouveau gouvernement, avait été remarquée.

Plusieurs ont interprété ses absences comme des signes de la dégradation de son état de santé. « On savait déjà qu'il allait assez mal, sur le plan de la santé », a commenté un ancien ministre dans un des gouvernements dirigés par Giulio Andreotti, Paolo Cirino Pomicino, 74 ans. « Il était un élément important de la vie politique italienne et il a été à l'origine de la reconstruction du pays, a ajouté M. Cirino Pomicino. Il a eu un prestige international que rarement les hommes politiques italiens ont. »

« C'était un homme machiavélique qui n'est jamais parvenu à son objectif, devenir président de la République », a commenté un responsable du site d'information financière Milano Finanza, Roberto Sommella. Un avis partagé par le journaliste de La Stampa, Riccardo Barenghi. « Il emporte avec lui dans la tombe beaucoup de secrets. Giulio Andreotti a été dans le bien et dans le mal, mais surtout dans le mal, un protagoniste de notre vie politique », a ajouté M. Barenghi.

Dans l'opinion publique italienne, M. Andreotti laisse le souvenir d'un homme intransigeant. Son refus de négocier avec les Brigades Rouges dans l'affaire de l'enlèvement du chef de la démocratie chrétienne, Aldo Moro, en 1978, avait marqué l'imaginaire italien. 

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