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Législatives en Malaisie : victoire contestée de la coalition au pouvoir

05/05/2013 02:34 EDT | Actualisé 05/07/2013 05:12 EDT
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Malaysian Prime Minister Najib Razak (C), his wife Rosmah Mansor (L) and deputy Prime Minister Muhyiddin Yassin celebrate the Barisan Nasional (National Front) coalition electoral victory, on May 6, 2013 in Kuala Lumpur. Country's Election Comission said the ruling Barisan Nasional coalition led by Premier Najib Razak secured 112 parliamentary seats, the threshold required to form a government in the 222-seat chamber. Malaysians voted in record numbers in the general election but the hotly anticipated day was dogged by accusations of electoral irregularities. AFP PHOTO / ROSLAN RAHMAN (Photo credit should read ROSLAN RAHMAN/AFP/Getty Images)

Le parti au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle en Malaisie a été une nouvelle fois reconduit à l'issue des législatives de dimanche, des résultats immédiatement contestés par le chef de l'opposition, criant à la fraude électorale.

Le Barisan Nasional (BN, Front national), coalition du Premier ministre sortant Najib Razak, a remporté 125 des 222 sièges au Parlement, contre 74 pour le Pakatan Rayak (PR, Pacte populaire) d'Anwar Ibrahim, un réformateur charismatique ayant fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, selon des résultats officiels portant sur près de 90% des circonscriptions.

Le Pakatan détient 75 sièges dans le Parlement sortant, contre 135 au Barisan.

M. Anwar, qui brigue le gouvernement depuis une quinzaine d'années, a cependant immédiatement rejeté ces résultats.

"Ces élections sont entachées de fraude et la Commission électorale a failli", a-t-il déclaré à la presse. "Vingt à trente sièges ont été perdus avec des majorités très faibles. Nous envisagons tout recours judiciaire possible", a-t-il ajouté.

Pendant la campagne, le chef de l'opposition avait averti à de multiples reprises qu'il ne se laisserait pas "voler la victoire", accusant le parti au pouvoir de fraudes électorales. Il avait notamment dénoncé pendant de la campagne la présence de dizaines de milliers d'électeurs "douteux".

Les inquiétudes de fraudes électorales avaient été renforcées après la découverte la semaine dernière que l'encre "indélébile" dans laquelle les électeurs doivent tremper un doigt pour éviter les votes multiples frauduleux, partait en fait au premier lavage.

Mais le Premier ministre sortant a appelé l'opposition à "accepter le résultat" des élections "dans l'intérêt national".

La reconduction du parti au pouvoir représente une victoire personnelle pour le Premier ministre Najib Razak, un apparatchik de 59 ans qui a réussi à se muer en réformateur afin de moderniser l'image de son parti, la toute puissante Organisation nationale unifiée malaise (UMNO), moteur de la coalition Barisan, essoufflée après 56 ans de règne quasi-absolu et cible de nombreuses accusations de corruption.

L'échec est en revanche cinglant pour Anwar Ibrahim, qui brigue le gouvernement depuis une quinzaine d'années, dont six derrière les barreaux. M. Anwar avait été condamné en 1998 pour "sodomie", une accusation largement jugée politique, ce qui avait stoppé net son ascension vers les plus hautes marches du pouvoir alors qu'il était vice-Premier ministre et pressenti pour prendre la tête du gouvernement.

Finalement blanchi, il avait été libéré après six ans de prison, devenu une sorte de Nelson Mandela local.

Mais, même s'il n'a pas réussi à provoquer la première alternance politique de la Malaisie depuis l'indépendance en 1957, M. Anwar a réussi à conforter la position de sa coalition tripartite, après sa percée inédite réalisée aux législatives de 2008.

L'UMNO a de son côté brandi le spectre du chaos, en cas de victoire de l'opposition, tout en revendiquant la responsabilité du formidable boom économique du "tigre" malaisien, une nation musulmane de 28 millions d'habitants passée en 25 ans du stade de pays en développement à celui de pays développé.

L'Organisation avait cependant vu sa popularité se réduire comme peau de chagrin en raison de multiples scandales de corruption dont le moindre n'est pas celui des sous-marins Scorpène, impliquant le français Thales et Najib Razak. Une enquête préliminaire a été ouverte en France au sujet de ce contrat d'un milliard d'euros.