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05/05/2013 09:11 EDT | Actualisé 05/07/2013 05:12 EDT

Bangladesh : les policiers répriment une manifestation d'islamistes

Au moins 22 personnes ont été tuées et des centaines d'autres ont été blessées dimanche à Dacca, au Bangladesh, au cours de violents affrontements entre les forces de l'ordre et des centaines de milliers d'islamistes réclamant une nouvelle loi sur le blasphème, ont annoncé des sources policières et médicales.

Aux cris de « Allah Akbar » (Dieu est grand) et « les athées doivent être pendus », des militants du Hefajat-e-Islam ont défilé sur au moins six grandes artères de la capitale bangladaise, bloquant la circulation entre Dacca et d'autres villes.

Selon la police, au moins 200 000 personnes ont manifesté dans le centre de Dacca où des heurts violents ont éclaté entre des milliers de protestataires qui lançaient des pierres et les forces de sécurité.

L'inspecteur de police Mozammel Haq a indiqué que trois morts avaient été amenés à l'Institut médical de Dacca, un dans une clinique privée, et six à l'hôpital Al Baraka.

« Les six ont des blessures par balle à la tête », a déclaré à l'Agence France-Presse le responsable administratif de l'hôpital Al Baraka.

La police a affirmé avoir eu seulement recours à des balles en caoutchouc au cours des affrontements. Toutefois, selon des témoins et des médias locaux, des centaines de balles réelles ont été tirées pour disperser les islamistes déchaînés qui ont incendié un poste de police, des véhicules et des magasins.

Les partisans du groupe radical Hefajat-e-Islam, récemment créé, réclament la peine de mort pour tous ceux qui calomnient l'islam. Ils réclament aussi la fin de la mixité entre hommes et femmes.

Le mouvement tire ses forces des écoles religieuses, ou madrasas.

Le gouvernement, qui considère le Bangladesh comme une démocratie laïque, rejette les demandes du groupe islamiste.

Le premier ministre Sheikh Hasina a affirmé que les lois actuelles étaient adéquates.

Les musulmans représentent 90 % de la population du pays. Les 10 % restants sont pour la plupart des hindous.

Ces violences surviennent alors que le pays se relève difficilement de sa plus grande tragédie industrielle, qui a fait plus de 600 morts dans l'effondrement d'un immeuble abritant des ateliers de confection.

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