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Des milliers de sunnites fuient une ville syrienne par crainte d'être massacrés

04/05/2013 08:46 EDT | Actualisé 04/07/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - Des milliers de Syriens de confession sunnite ont fuit une ville de la côte méditerranéenne samedi, un jour après que des dizaines de personnes eurent été tuées par des partisans armés du régime du président Bachar el-Assad, ont rapporté des activistes.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé qu'environ 4000 résidants des quartiers du sud de Baniyas, qui sont pour la plupart sunnites, avaient pris la fuite par crainte que des combattants en faveur du gouvernement ne commettent un massacre.

Le bilan des victimes des violences de vendredi diffère selon les sources. L'OSDH a déclaré qu'au moins 62 personnes, incluant 14 enfants, avaient été tuées à Ras al-Nabeh, un quartier de Baniyas, mais ce nombre pourrait augmenter puisque plusieurs résidants manquent toujours à l'appel.

Les Comités locaux de coordination, un autre groupe militant, ont pour leur part annoncé que 102 personnes avaient perdu la vie dans l'incident.

L'OSDH a également révélé que les forces de sécurité vérifiaient les cartes d'identité des citoyens et leur demandaient de retourner à Baniyas afin de donner l'impression que tout était normal.

Il a précisé que les habitants en fuite s'étaient réfugiés à Tartous et à Djablah, deux villes situées respectivement au sud et au nord de Baniyas.

Dans des entretiens téléphoniques avec l'Associated Press, des résidants de Baniyas ont révélé sous le couvert de l'anonymat que le marché central de la ville avait été en partie fermé samedi par crainte que d'autres violences ne se produisent.

La crise syrienne s'est amorcée avec un soulèvement pacifique en mars 2011 avant de se transformer en une guerre civile ayant fait plus de 70 000 morts.

Les rebelles sont essentiellement sunnites alors que les forces de sécurité et l'armée sont constituées majoritairement d'alaouites, une branche du chiisme à laquelle appartient Bachar el-Assad.

Par ailleurs, le gouvernement israélien a confirmé qu'une frappe aérienne effectuée tôt vendredi contre la Syrie avait pour cible une cargaison de missiles avancés vraisemblablement destinée au mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié du régime Assad.

Il s'agit du deuxième bombardement mené par Israël contre la Syrie et de la plus récente tentative de l'État hébreu pour empêcher le Hezbollah de se constituer un arsenal qui lui permettrait de se défendre contre les forces aériennes israéliennes et de semer le chaos sur le territoire israélien.

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