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USA: le reflux du chômage se poursuit, sur des bases de plus en plus solides

03/05/2013 12:36 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:12 EDT

La lente décrue du chômage s'est poursuivie en avril aux Etats-Unis et elle s'appuie désormais sur des bases plus solides en dépit d'une activité économique encore convalescente.

Pour le troisième mois consécutif, le taux de chômage américain a reculé de 0,1 point pour s'établir à 7,5% en avril, son niveau le plus faible depuis décembre 2008, indique le rapport mensuel du gouvernement sur la situation de l'emploi publié vendredi.

Dans le même temps, les créations d'emplois ont retrouvé des couleurs avec 165.000 nouveaux postes en avril, en hausse de 19% par rapport à un mois de mars où les embauches ont été revues en nette hausse.

Ces nouveaux chiffres, qui ont surpris les analystes, sont d'autant plus encourageants qu'ils s'accompagnent d'une hausse de la population active qui connaissait depuis janvier une érosion (-626.000 personnes en tout) faisant mécaniquement baisser le taux de chômage.

Au final, le mois d'avril aura non seulement vu un recul du nombre de chômeurs, à 11,6 millions, mais également une augmentation du nombre de personnes ayant un emploi.

Farouche détracteur de l'administration Obama, le leader de l'opposition républicaine, John Boehner a dû lui-même reconnaître que le rapport sur l'emploi contenait "quelques bonnes nouvelles".

De son côté, la Maison Blanche a fait profil bas en indiquant que ces nouveaux chiffres montraient que l'économie continuait "à se rétablir" mais qu'il restait encore "beaucoup à faire".

Les coupes budgétaires massives entrées en vigueur en mars, couplées à des hausses d'impôts, faisaient pourtant craindre une détérioration rapide du marché de l'emploi.

Mais en avril, le recul des embauches dans le secteur public (-11.000 postes) a encore été largement compensé par le secteur privé.

"Ce rapport montre qu'il n'y a pas --encore-- de ralentissement des embauches liées aux coupes budgétaires", estime Nariman Behravesh, analyste au cabinet IHS.

Selon Harm Bandholz, de UniCredit Economics, ces nouveaux chiffres montrent même que la période de faible croissance observée à la fin du premier trimestre n'était qu'une "parenthèse" et n'annonçait pas une "tendance durable".

Le tableau n'est toutefois pas entièrement rose.

En dépit d'une hausse de la population active, le taux d'activité, qui mesure la part de cette catégorie dans la population totale en âge de travailler, reste à son niveau le plus faible depuis 1979, se stabilisant à 63,3%.

Le nombre de personnes contraintes de travailler à temps partiel est par ailleurs reparti à la hausse en avril à 7,9 millions, tout comme le nombre de personnes qui ont cessé de chercher du travail par "découragement" (830.000).

Les minorités restent par ailleurs les premières victimes du chômage: 13,2% des Afro-Américains sont encore sans emploi tout comme 9% des Hispaniques, selon les statistiques du ministère.

Les analystes relèvent également que la durée moyenne de travail hebdomadaire a reculé en avril, suggérant que les employeurs ont "réduit leur production" tout en continuant à embaucher, note Chris Low, de FTN Financial.

Même s'il est contrasté, ce nouveau panorama de l'emploi aux Etats-Unis ne devrait toutefois pas pousser la Banque centrale américaine (Fed) à accroître son soutien à l'économie, selon les experts.

Il a aussi été très bien accueilli par les marchés financiers, le Dow Jones et le S&P 500 évoluant à la mi-séance à des niveaux records.

jt/sl/lor

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